Séance cinéma – Le vieillard qui fait exploser les chocolats de Forrest Gump

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Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, premier roman du Suédois Jonas Jonasson, sorti en 2010 dans les pays scandinaves a figuré sur la liste des meilleurs vendeurs dans plusieurs pays. Le film tient la route combinant comédie de situation et dénouement à la Forrest Gump.

À chaque fois que l’on sort un film tiré d’un roman et qu’on se met à en parler, il y a toujours quelqu’un pour interrompre notre élan en disant : « …mais, le livre est vraiment meilleur. » Outre le fait que ces lecteurs ont pris deux heures de leur temps pour s’asseoir devant un écran plutôt que de tourner des pages, en s’adonnant à un malin plaisir de comparaison, ce n’est pas le cinéma qui est en cause, mais l’adaptation à partir de l’original.

À la projection du second film de la trilogie Millénium, adaptée de l’œuvre du défunt Stieg Larsson, je me suis questionné sur ce que j’étais en train de voir. Je n’ai pas osé louer le troisième. J’aurais pu remettre en question le succès des trois livres. Ils sont peut-être aussi mauvais que l’adaptation filmique. Quoique, le premier film valait le visionnement. Avec Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire (2013), le réalisateur Felix Herngren a réussi à faire correspondre le récit au langage filmique.

Si le cinéaste danois Nicolas Winding Refn reproduit le style américain avec Drive (2011) mettant en vedette Ryan Gosling et que le cinéaste suédois Lasse Hallström reproduit le style français avec Chocolat (2000) mettant en vedette Juliette Binoche, c’est moins au niveau de l’esthétique que de la narration que Felix Herngren se réfère à ces deux cultures cinématographiques.

Le récit se dédouble. On a droit au scénario typique de la comédie de situation française. Un vieillard se sauve de la maison de retraite et se retrouve avec la valise d’un membre de la pègre. Un enquêteur et le groupe criminel sont à ses trousses. On nous présente également des retours dans le passé qui recrée son parcours de vie à la Forrest Gump (1994).

« Un Forrest Gump à la suédoise » de Marc-André Lussier de La Presse et « A European Forrest Gump! » de David James de We got this covered, lit-on sur le boitier du DVD. Tel le personnage qui a un retard mental brillamment interprété par Tom Hanks, le vieillard est un simple d’esprit qui ne parle et ne pense pas trop. Si Forrest Gump parcourt l’histoire des États-Unis ayant pour unique moyen de défense la course à pied, le vieillard parcourt l’histoire de l’Europe ayant le dynamitage comme unique moyen de se démarquer. Le parcours du coureur s’étend sur une vingtaine d’années, tandis que l’onde de choc du dynamiteur s’étend sur un siècle.

À mon avis, l’auteur et le réalisateur ont davantage cherché à parodier la superproduction récompensée de six Oscars qu’à l’imiter, comme l’a fait le cinéaste américain indépendant John Waters dans son film Cecil B. Demented (2000). Les deux films substituent l’absurde à la morale.

Les adeptes du François Pignon de Francis Veber riront aux éclats en visionnant ce film. L’humour noir en fera rire plus d’un jaune. Surtout dans la scène où un raciologue décide de stériliser le personnage parce que son père était un militant pour le port du condom afin de mettre fin à la misère et à la famine.

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À propos du journaliste

René-Maxime Parent

Rédacteur en chef de la section Société, René-Maxime Parent s’est joint à Pieuvre.ca en 2014. Sa couverture de l’actualité internationale se partage entre l’Amérique latine et la Scandinavie. Son intérêt pour les arts visuels, le cinéma et l’architecture le conduit à parcourir la métropole québécoise régulièrement.

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