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Comment trouver le bonheur lorsqu’on a des rêves plein la tête, mais qu’on vit dans la campagne profonde de Russie avec pour seule distraction la visite de quelques militaires postés à proximité? Olga, Macha et Irina sont jeunes et instruites mais dominées par l’ennui. Très différentes dans leurs personnalités respectives, elles partagent toutefois le même vain espoir de retourner vivre à Moscou, la ville dont elles ont gardé le souvenir d’une enfance pleine de félicité.

Présentée par les finissants de l’École Nationale de Théâtre, la pièce d’Hugo Fréjabise Le théorème d’Euclide (une polémique), remue le spectateur, lui donne à penser et le déroute aussi. À travers une écriture vive, intelligente et fragmentée, le jeune auteur propose une dizaine de personnages étranges, comme sortis d’un album de bande dessinée qu’on ouvrirait en plein milieu, et donne à réfléchir sur le tragique de la vie dont il présente une lecture personnelle et presque messianique.

Cela a beau faire bientôt 10 ans que des centaines de milliers d’étudiants sont descendus dans les rues du Québec pour protester, entre autres, contre la hausse des frais de scolarité du gouvernement Charest, les flammes de la contestation ne se sont jamais tout à fait éteintes. Et dans Zoé, une pièce d’Olivier Choinière présentée au Théâtre Denise-Pelletier, les fondements philosophiques et éthiques des grévistes se heurtent à une autre vision, celle d’un utilitarisme altruiste, certes, mais qui provoque des étincelles.

Qu’est-ce que craint l’hypocondriaque? De mourir? D’être malade et de souffrir ? De ne pas être entouré de médecins et d’autres individus qui s’apitoient sur lui? De perdre le sens de son existence si celle-ci ne se réduit pas à guetter tout signe de son corps qui exigerait quelque remède à introduire par l’un ou l’autre de ses orifices? Tout cela en même temps, et Molière l’a bien compris en composant Le Malade imaginaire, sa pièce testament reprise avec bonheur, talent, audace et fantaisie au Théâtre du Rideau Vert.

Dans une chambre face à la mer, un homme reçoit une femme, toutes les nuits. Du moins, il aurait pu la recevoir. Le texte de Duras raconte ces rendez-vous hors du temps, comme on ravive un souvenir ou un fantasme. L’adaptation à deux voix de La maladie de la mort, par Martine Beaulne, met en scène cette rencontre possible, au théâtre Prospero.

Paru en 1997, SOIFS est le premier volet d’une fresque littéraire sans égal s’étendant sur dix romans créés par Marie-Claire Blais. Si la lecture de l’œuvre – trop peu fréquentée – de l’autrice représente d’ores et déjà un certain défi, l’adaptation pour le théâtre, actuellement présentée à l’Espace Go, semblait impensable.

« Bande de bouffons » : je comprends l’expression de deux manières au moins. La bande des cinq acteurs sur scène fait office de bouffons dans une tradition carnavalesque des déguisés qui remonte à l’antiquité ou davantage. Et nous sommes, nous Québécois et Canadiens, des sortes de bouffons, à savoir des individus dont on peut aisément se moquer, car on ne peut plus risibles et sur bien des aspects…

Hilarante comédie sur un sujet particulièrement léger, Les filles et les garçons, présentée à La Licorne, permet au spectateur de passer un moment plus qu’agréable et de ressortir de l’institution culturelle sans aucune colère, aucune peine, et aucune désespérante sensation de froid à l’intérieur de soi.

Partir. Partir au loin en laissant tout derrière soi. Mais pour aller où, au fait? Dans Jack, oeuvre douce-amère de Marie-Pierre Proulx présentée au Théâtre La Licorne, une jeune héroïne part explorer l’inconnu, sur les traces d’un mystérieux grand-père, mais aussi d’un grand écrivain.