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Samedi soir, à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, avait lieu la première de Roméo et Juliette, dans la version de Charles-François Gounod, créée en 1867, au Théâtre lyrique à Paris. Les autres représentations auront lieu les 22, 24 et 26 mai.

Samedi soir, à la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des arts, l’Opéra de Montréal présentait la Cenerentola, de Rossini : une adaptation du conte de Cendrillon, de Charles Perreault. Dans une mise en scène de Joan Font, la coproduction du Houston Grand Opera, du Welsh National Opera, du Gran Teatre del Liceu et du Grand théâtre de Genève, Cendrillon a fait salle comble.

À l’Opéra de Montréal, le 16 septembre dernier, avait lieu la première de l’opéra Tosca, de Puccini, dans une mise en scène de José Maria Condemi et Andrew Nienaber (remontage), sous la direction du chef Giuseppe Grazioli. Les rôles principaux sont tenus par Melody Moore-Wagner, soprano, dans le rôle de Floria Tosca, Giancarlo Monsalve, ténor, dans le rôle de Mario Cavaradossi et Gregory Dahl, baryton, dans celui de l’infâme Scarpia.

Ce spectacle, je l’avais manqué de peu la saison dernière à l’Espace Libre. Et avant aux Écuries. Je n’étais pas dûe, comme le dit le proverbe. Lorsque je l’ai vu réapparaître dans la programmation du 375e de Montréal au Théâtre d’Aujourd’hui, j’ai sauté sur l’occasion. C’est donc avec un certain énervement que je me suis assise dans la salle, prête à surfer sur La vague parfaite.

Décrit comme un « opéra performance pour voix solo et bande électroacoustique », Yo soy la desintegración, œuvre de Pauline Vaillancourt, reçoit un second souffle 20 ans après sa création. Présenté dans l’intimité de la Cinquième Salle à la Place des Arts, on était en droit de s’attendre à un bouleversement en huis clos. Mais ce déchaînement a-t-il eu lieu?

C’est Don Giovanni de Mozart qui est donné actuellement par l’Opéra de Montréal, à partir du célèbre livret de Lorenzo Da Ponte et sous la direction de Jordan de Souza. La distribution est entièrement canadienne et les résultats sont entièrement satisfaisants.
Dans une mise en scène simple mais pas trop sobre et dans un seul décor, l’action est enveloppée dans des éclairages très ajustés et judicieux. Quelques ajustements sont cependant à prévoir quand on reproduit les silhouettes des chanteurs par un éclairage horizontal. En effet, à un moment, il manquait une des silhouettes sur le mur car la chanteuse n’était pas au bon endroit.
Autre petit bémol : la statue du commandeur, invitée à souper chez le « gentilhomme » Don Giovanni, et censée lui faire peur avant de le précipiter dans les enfers, est peu impressionnante, arrivant tout juste à l’épaule du coquin. Mais la voix combien profonde et puissante de la basse Alain Coulombe, réchappe la scène et nos oreilles résonnent encore de ses effrayantes menaces.
En Don Giovanni, le baryton canadien Gordon Bintner, réussi à être à la fois efficacement charmant et sincèrement détestable. Poursuivi par une Donna Elvira vengeresse et pourtant faible, qui se démène pour mettre en garde les autres femmes contre les manœuvres trompeuses du charmeur pathologique. Mais, au fond, ces avertissements n’ont pour but que de garder le vil séducteur pour elle seule.
Le narcissisme du personnage est si universel que le livret de Lorenzo Da Ponte, écrit au 18e siècle, est malheureusement fort d’actualité et traversera toujours les âges. Ainsi, le choix de situer l’action dans un décor des années 1940, ne détonne pas du tout avec le propos de l’œuvre.
Comme dans plusieurs œuvres de l’opéra comique, le rôle de valet est tout aussi riche que celui du personnage principal. Et, pour ne rien gâcher, le Leporello de Daniel Okulitch est tout à fait à la hauteur : rempli d’humour et de désespoir, chanté avec justesse et expressivité.
Pour la justesse, il n’y a rien à redire. Tous les chanteurs sont généreux, à la hauteur et suffisamment bons acteurs. Notons cependant la fraîcheur sublime d’Hélène Guillemette en Zerlina, la justesse dramatique d’Émilye Dorn en Donna Anna et, surtout, les coloris magnifiques de la suave voix de Layla Claire en Donna Elvira, sa drôlerie et son intensité.
Un bon orchestre, une direction précise et enjouée, de très bon chanteurs et une histoire indémodable: chanceux sont ceux qui n’y étaient pas, car il reste les représentations du 15, du 17 et du 19 novembre.

Samedi soir, à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des arts, avait lieu la première de l’opéra Aïda, du compositeur Giuseppe Verdi. Le Chœur de l’Opéra de Montréal et l’Orchestre Métropolitain étaient sous la direction de Paul Nadler qui a déjà dirigé plusieurs productions avec l’Opéra et dont la dernière était Turandot, en 2014.

Drame déchirant de deux amours inavouables et controversés, celui à sens unique de Monseigneur Bilodeau pour Simon et celui, partagé, de Simon pour Vallier, et série de bouleversements, c’est ainsi qu’on pourrait résumer dans le plus strict essentiel Les Feluettes. Trente ans après sa création, la pièce de Michel-Marc Bouchard s’invite à l’opéra, arène idéale où le tragique peut se jouer. Et du tragique (feux, peines, larmes, passions, déclarations d’amour, déchirements, trahisons, mensonges, etc.), l’œuvre en regorge.

Mardi soir dernier à la salle Pierre-Mercure avait lieu le dernier spectacle de l’Orchestre de chambre McGill. Dans La Trilogie de la séduction, on nous présentait une mise en scène de la trilogie classique d’opéras de Mozart et Da Ponte : Così fan tutte, Don Giovanni et Le Nozze di Figaro. Une mise en scène chaleureuse, signée Alain Gauthier, nous met dans une ambiance intime permettant de faire ressortir toute la chaleur des voix des chanteurs dans une ambiance extérieure qui prêtait plutôt au verglas de l’âme.