Navigation : liberté de la presse

Les années se suivent et la situation ne s’améliore pas: pour son bilan 2020, l’organisation Reporters sans frontières (RSF) fait état d’un « niveau historiquement haut » du nombre de journalistes emprisonnés à travers le monde, habituellement pour avoir simplement fait leur travail. Ainsi, après les 389 journalistes écroués en 2019, ce nombre est passé à 387 cette année. Seul point positif: cette stagnation, après une augmentation de 12% enregistrée en 2019.

Confrontée à des attaques sans précédent de la part de l’actuel président américain, Donald Trump, contre la liberté de presse, Reporters sans frontières en appelle aux deux adversaires en vue de la présidentielle de novembre, républicain comme démocrate, d’adopter huit recommandations pour assurer que les journalistes pourront faire leur travail sans entraves au lendemain de l’élection.

La liberté journalistique était déjà menacée, que ce soit par les gouvernements de droite, par les entreprises, ou encore par le crime organisé. Voilà que la pandémie de COVID-19 s’abat sur le métier, avec les pertes de revenus, les fermetures et les mises à pied que cela laisse supposer. Pour Reporters sans frontières, qui présente son classement 2020 de la liberté de presse, les 10 prochaines années seront cruciales pour assurer la survie de la profession.

Ironie de l’histoire ou corruption du pouvoir, Daniel Ortega membre du Front sandiniste de libération nationale (FSLN) qui a participé au renversement de la dictature des Somoza (1936-1979) est aujourd’hui président du Nicaragua, et exerce à son tour la répression envers la population. Dérangeant pour le régime, le journaliste Carlos Fernando Chamorro a quitté le pays le 20 janvier pour protéger son intégrité physique et sa liberté, rapporte El País le 21 janvier.   

À l’image de plusieurs journalistes s’étant tourné vers les réseaux sociaux pour exprimer leur mécontentement, voire leur colère, la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) a vivement dénoncé, jeudi, l’intervention de la Sûreté du Québec (SQ) menée mercredi soir dans les bureaux du Journal de Montréal. Cette perquisition a mené à la saisie de l’ordinateur et de documents appartenant au journaliste Michaël Nguyen.

Le journalisme, la presse libre, rouages essentiels d’une démocratie fonctionnelle, de décisions politiques, sociétales et économiques prises en s’appuyant sur des faits vérifiés. Mais selon l’organisme Reporters sans frontières (RSF), l’accaparement de ces médias par des gens aux poches profondes fait craindre, encore une fois, pour la véracité de l’information.