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Est-il possible que les trois quarts de notre ADN soient inutiles? Après 20 ans d’un débat qui dit tantôt oui, tantôt non, une nouvelle étude fait pencher le balancier vers l’inutile.

Il y a tout juste un an, James R. Clapper, directeur du renseignement américain, classait les nouveaux outils d’édition du génome parmi les « armes de destruction massive ». S’il n’était pas nommément cité dans le rapport annuel sur les menaces mondiales, le système Crispr-Cas9 était clairement dans sa ligne de mire: dérivé d’un mécanisme de protection des bactéries contre les virus, il a, depuis sa découverte en 2012, envahi quasiment tous les laboratoires de biomédecine, où il est utilisé pour désactiver et modifier des gènes à volonté, rapidement et à moindre coût.

Rien de plus diversifié que les revues de l’année en science: d’un magazine de vulgarisation à l’autre et d’une publication scientifique à l’autre, il y a rarement consensus sur ce qui fut « la » percée de l’année, chacun y allant plutôt de ses listes préférées.

Toutes les revues de l’année 2015 en parlent, et toutes les prévisions 2016 aussi: CRISPR, ou la manipulation des gènes avec une plus grande précision — y compris, ce qui inquiète beaucoup plus, la manipulation des gènes de l’embryon. Pour cette année ou pour cette décennie?