Navigation : film familial

Les films d’animation occidentaux sont généralement conservateurs. Pas dans le sens des valeurs véhiculées (quoique…), mais plutôt du côté de leur style. On se permet évidemment quelques fioritures, ici et là, mais même des bijoux comme The Lego Movie s’en tiennent habituellement à un style d’animation – très bien exploité, certes – restreint par certaines règles. The Mitchells vs The Machines, récemment lancé sur Netflix, jette largement ces règles par la fenêtre et offre deux heures de délire que l’on accueille avec grand bonheur.

Drôle de visionnement que cette relecture « disney-isé » de Dolittle délaissant les décors modernes des versions de Eddie Murphy et s’entourant de CGI et de faux animaux, alors qu’il devient évident dans tous les recoins qu’on ne savait plus où donner de la tête pour sauver le projet du naufrage. L’échec finit par surpasser la fascination malsaine qui nous habite toutefois tout du long.

Parfois, il n’y a rien de mieux que des films « pour enfants » pour se détendre et passer un bon moment, que l’on soit en famille ou seul devant son écran. Énormes succès commerciaux – et excellents coups de pub –, les films Lego Movie et Lego Batman sont au coeur de ce 10e épisode de Rembobinage.

Disons que chaque année, on aime toujours devancer un peu plus les sorties, et c’est de manière un peu inquiétante qu’on voit un premier film du temps des fêtes prendre l’affiche à peine quelques jours après qu’on ait éteint (et même pas enlevée) la dernière citrouille de l’Halloween. Cette proposition ultra-usinée de cette relecture louable de Casse-noisettes aurait pourtant davantage charmé les familles au moment opportun, et ce malgré son manque flagrant de consistance.

Difficile de croire qu’il y a déjà près de quinze ans que Pixar a charmé le monde entier avec l’incroyable (sans mauvais jeu de mots) The Incredibles, variation souvent jouissive sur les films de superhéros avant l’overdose. Brad Bird revient à la charge en jouant cette fois, dans un retour de médaille inattendu, sur sa propre nostalgie.

On dit souvent de la cinéaste Ava DuVernay qu’elle est visionnaire, et, si son Selma était effectivement une production d’une immense importance, on se demande sincèrement comment elle a pu chuter aussi bas dans les méandres confus et formatés de l’usine de Disney avec une adaptation cinématographique de A Wrinkle in Time, d’après le roman de Madeleine L’engle, qui pourrait difficilement tomber autant à plat.