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Plusieurs compagnies dépensent des millions de dollars pour modérer des contenus et combattre les fausses nouvelles. Mais qu’en est-il des vieilles informations et de la désinformation qui est encore en ligne? Des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) ont conçu un système pour effectuer des mises à jour automatiques de vieux sites web qui pourraient autrement poser problème.

Trois mois de travail, une équipe de professionnels du multimédia et un acteur dont les traits du visage ressemblaient à ceux de Tom Cruise: c’est ce qu’il a fallu pour réaliser les « deepfake », ou hypertrucages, de l’acteur qui ont beaucoup fait jaser à la fin-février. Autant dire que « l’exploit » n’est pas à la portée de tous.

Comment faire comprendre à une personne que l’information fausse ou douteuse qu’elle vient de partager est fausse ou douteuse? Ça pourrait dépendre de sa capacité à se remettre en question. À l’inverse, les gens qui ont tort mais sont convaincus d’avoir raison, sont beaucoup moins susceptibles d’être ébranlés par les faits.

Finie, cette époque où les outils technologiques semblaient vouer la civilisation occidentale à un avenir radieux; l’heure est plutôt au clash entre les règles sociétales établies et l’utilisation parfois abusive de technologies et autres plateformes, appareils et outils numériques qui sapent les fondements de la démocratie en permettant un affaiblissement des institutions. Selon plusieurs experts interrogés par le Pew Research Center, cette tendance ira d’ailleurs en s’aggravant.

Pour augmenter les chances qu’un internaute partage une fausse nouvelle, ça aide si celle-ci passe plus d’une fois sur son fil Facebook. Mais des chercheurs viennent d’en ajouter une couche: même un internaute qui doute de la validité de cette nouvelle peut juger moins grave de la partager s’il l’a vu passer plus d’une fois.

La semaine dernière, on pouvait trouver, grâce à Google, quelque 200 textes de vérification des faits sur le coronavirus, publiés en 15 langues par divers médias à travers le monde. Mais Google n’arrivait pas à faire ressortir ces vérifications très haut dans les résultats de recherches. 

Les relationnistes ont jadis été au coeur des stratégies des cigarettiers qui voulaient faire croire à l’absence d’un lien entre tabac et cancer. Ils ont ensuite été au coeur des stratégies des compagnies pétrolières visant à nier le réchauffement climatique. Voilà qu’on retrouve des firmes fières de se spécialiser… dans la production et la diffusion de fausses nouvelles.