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Imaginez-vous en plein cœur d’un quartier inconnu. Votre cellulaire est à plat, votre voiture est en panne, et vous cherchez désespérément le garage le plus près. Des passants tentent de vous venir en aide, mais leurs indications sont contradictoires. L’un deux semble venir du coin et parle d’un ton nonchalant, tandis que l’autre, visiblement sûr de lui, parle haut et fort, mais a un accent à couper au couteau. Auquel des deux ferez-vous confiance?

L’époque: la campagne présidentielle américaine de 2016. Le lieu: le deuxième débat entre les deux candidats, le républicain Donald Trump et la démocrate Hillary Clinton. L’ambiance est exécrable, les deux adversaires en sont pratiquement à s’insulter directement. Et voilà que se lève l’un des membres du public avec une question portant sur la protection de l’environnement et des emplois dans le secteur minier. Cet homme, c’est Ken Bone.

À un pas de l’investiture de Donald Trump à la présidence des États-Unis, qui peut prétendre que les règles du jeu dans les relations publiques politiques n’ont pas changé?

Une discussion rationnelle à l’heure des réseaux sociaux, est-ce encore possible? Pour les uns, c’est un flux ininterrompu de demi-vérités et de rumeurs invérifiables qui ne fait qu’empirer la situation. Pour les autres, le bruit représente un faible prix à payer pour offrir une liberté de parole élargie.