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Imaginons une société où les riches sont présentés comme des gens intelligents, dotés d’une intuition à toute épreuve, et où chacune de leurs paroles est considérée comme un commandement divin qui sera repris par une presse complaisante. Imaginons, maintenant, qu’un auteur, Stephen Leacock, pousse la chose à l’absurde et en tire un livre, et vous obtenez Au pays des riches oisifs, publié aux éditions Wombat.

Dans un monde médiatique où la culture obtient une part toujours plus congrue des ressources journalistiques, couvrir l’actualité littéraire relève presque de l’exploit. Pourtant, certains tiennent toujours le fort. Parmi ceux-ci, on compte Lettres québécoises, un magazine spécialisé qui a profité d’une refonte quasi-totale, il y a moins d’un an, pour réaffirmer son engagement envers la scène littéraire d’ici. Rencontre.

Lancer un nouveau média uniquement sur le web au Québec… mais vous n’y pensez pas? Et pour y parler de musique classique, en plus? Le projet Ludwig van Montréal, piloté par la journaliste Caroline Rodgers, démontre non seulement que l’audace journalistique n’est pas chose du passé, mais qu’il est aussi possible de traiter de musique classique de façon intelligente et originale.

C’est avec une création audacieuse d’Olivier Arteau que le théâtre Denise-Pelletier ouvre sa saison 2017-2018. Dans une langue crue, violente et cynique, le Théâtre Kata nous présente Doggy dans gravel, pièce qui ne peut laisser personne indifférent. Olivier Arteau nous dresse le portrait plus grand que nature d’une génération internet désirant passer (trop vite?) vers l’âge adulte. Le tout enrobé d’une toile de fond digne d’un vidéoclip de notre popstar américaine préférée diffusé sur MusiquePlus.

La pouvoir du « tomatomètre » a atteint un point critique, alors que les projections de presse ont lieu de plus en plus tard avant l’ouverture en salles, et que les films tentent d’éviter la sinistre tache verte qualifiant une oeuvre « ratée ».

Dans le coin gauche, un studio de développement de jeux vidéo peu scrupuleux qui inondait le marché avec des produits médiocres. Dans le coin droit, un critique controversé aux opinions particulièrement tranchées qui font rarement l’unanimité. L’enjeu? Quinze millions de billets verts, mais surtout un aspect du métier de journaliste critique.

Quarante ans. Quarante ans que la revue Jeu réalise quelque chose qui semble pratiquement impensable, aujourd’hui, à l’ère des blogues, des collaborations bénévoles et des médias numériques à l’existence brève. Car non seulement Jeu parle de théâtre, mais la revue le fait en version papier. Et pour son quarantième anniversaire, elle fêtera dignement sa jeunesse retrouvée.