FinTech: investir, c’est comme parier?

0

L’une des nouvelles les plus intéressantes à ce jour en 2021 a été l’énorme hausse des actions GameStop. La chaîne de magasins américaine en difficulté a vu le prix de ses actions monter en flèche après que les utilisateurs d’un forum Reddit aient décidé d’acheter les actions en masse. L’idée était de donner une leçon aux grands fonds de couvertures de Wall Street, qui avaient parié contre les actions de la société de magasins de jeux vidéo.

Les actions des utilisateurs de Reddit, qui ont ensuite porté leur attention sur le prix de l’argent, ont certainement effrayé les investisseurs traditionnels. Et nombreux sont ceux qui attendent de voir ce que le groupe Reddit – appelé wallstreetbets – fera ensuite.

Néanmoins, les actions du groupe ont également mis en lumière un autre élément : le nombre massif d’investisseurs amateurs. Les courtiers de FinTech comme Robinhood et eToro ont vu leur nombre d’investisseurs augmenter en 2020, et les actions du groupe wallstreetbets leur auront certainement donné plus de visibilité auprès de nouveaux clients.

La plupart des traders amateurs perdent de l’argent

Le problème, cependant, est qu’il y a très peu de discussions sur la façon dont ces applications FinTech peuvent avoir de graves conséquences. Ne s’agit-il pas d’une forme de jeu ? En effet, la plupart des plates-formes FinTech sont accompagnées d’un avertissement selon lequel un grand pourcentage d’utilisateurs perdront de l’argent sur les plates-formes, notamment lors de la négociation de dérivés.

Si vous regardez les plateformes de courtage financier, les avertissements sont sévères. Sur eToro, par exemple, un message indique que 67 % des comptes de détail perdent de l’argent lorsqu’ils investissent dans des CFD. Si vous comparez cela à la grande variété de jeux de casino plus célèbre, et les jeux comme la roulette et le blackjack, on a l’impression d’avoir plus de chances de succès avec un casino.

Les CFD sont comme des paris

Mais nous devrions faire le lien avec les jeux d’argent dans le sens où la plupart de ces plates-formes de courtage proposent des échanges de produits dérivés comme principale attraction. Les dérivés, tels que les CFD (Contrat sur différence), sont un moyen de négocier en bourse sans posséder réellement les actions. En substance, vous faites un pari sur la hausse ou la baisse du prix d’une action ou d’une marchandise dans un délai donné. Si vous devinez correctement, vous réaliserez un bénéfice. Si elle est incorrecte, vous réaliserez une perte.

La négociation de CFD et de produits financiers similaires est une activité sophistiquée, mais des millions d’amateurs la pratiquent sans en avoir une parfaite compréhension. L’année dernière, nous avons vu la terrible histoire d’Alex Kearns, un jeune étudiant américain qui s’est suicidé après avoir cru avoir perdu 750 000$ sur la plateforme Robinhood. L’ironie cruelle est que c’était une erreur, et qu’il avait en fait un solde positif de 16 000$.

En fin de compte, ce n’est pas comme si les applications de courtage en ligne étaient fondamentalement mauvaises. Mais il semble que la facilité d’accès à des produits financiers compliqués comporte certains dangers. Au Canada, les jeux d’argent sont soumis à une réglementation stricte et bénéficient du soutien des autorités. On peut se demander si la même chose devrait être étendue aux plateformes de courtage financier?

Partagez

À propos du journaliste

Pieuvre.ca

Répondre