Les jeux préférés des… experts en TI chez Gameloft, en temps de pandémie

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Pas facile, déjà, de gérer les infrastructures réseau d’une entreprise employant quelque 4000 personnes réparties dans 33 studios et bureaux situés dans 22 pays différents. Mais quand la pandémie a frappé, tous ces gens ont été appelés à travailler de la maison, et l’équipe de Gameloft chargée de réaliser cette transition dans l’urgence a dû mettre les bouchées doubles. Entrevue.

Au bout du fil, ou plutôt, au bout de la vidéoconférence, Marianne Barousse et Roderick Bellefontaine, respectivement directrice des services en ligne, de la sécurité et de l’infrastructure, et directeur administrateur de réseaux, sont membres de l’équipe ISOPS – l’acronyme anglais du regroupement Solutions pour les services d’infrastructure et les plateformes en ligne. « Nous sommes une équipe internationale, puisque nous épaulons tous nos studios, à travers le monde », mentionne Mme Barousse, qui travaille pour Gameloft depuis 12 ans.

Son équipe offre de nombreux services liés aux activités du géant du jeu vidéo sur mobile: non seulement les infrastructures réseau, mais aussi le stockage des profils des utilisateurs, la facilitation des connexions pour les parties multijoueurs, du temps de calcul pour divers projets, des services de sécurité, etc.

M. Bellefontaine, lui, est à l’emploi de l’entreprise depuis 15 ans, « toujours du côté des infrastructures ». « Je m’occupe des infrastructures à l’échelle mondiale, notamment la connectivité à internet, ainsi que programme de télétravail », a-t-il précisé.

« Lorsque la crise a éclaté, nous avions entre 800 et 900 utilisateurs qui avaient déjà la possibilité de travailler à la maison; nous sommes passés d’une connectivité à distance de temps en temps à devoir offrir le télétravail, en tout temps, à tout le monde. C’est sûr que cela a été un défi; j’ai une très bonne équipe, ils ont travaillé sans arrêt pendant une semaine. »

L’exemple de la Chine

Selon lui, la progression de la COVID-19 en Chine, où Gameloft dispose là aussi d’un studio, a permis de se faire à l’idée qu’il faudrait offrir un programme de télétravail à tous les employés. « Nous avons vu que certains employés devaient travailler de la maison, et nous nous disions « d’accord… », puis soudainement, tout le monde a dû rester à la maison, et nous nous sommes donc dit que cela devenait sérieux, et nous avons commencé à envisager de quelle façon nous pourrions gérer l’ensemble des employés de Gameloft en travail à distance », a-t-il indiqué.

« En moins d’une semaine, nous étions en mesure d’accommoder 4000 personnes en télétravail! »

Et comme le précise M. Bellefontaine, Gameloft a l’habitude de déployer des jeux mobiles – forcément uniquement en version numérique – pour une clientèle pouvant aller jusqu’à un million de joueurs. « Ce n’était pas nécessairement une question de « comment », mais plutôt « à quelle vitesse? » », souligne-t-il.

« Il a fallu se coordonner pour s’assurer que nous puissions offrir une expérience personnalisée en fonction des demandes et des accès des employés », renchérit Mme Barousse.

Après tout, dit-elle, un employé donné n’aura accès qu’à des informations et des fichiers bien précis. Pour cela, il existait déjà des profils numériques précis pour chaque travailleur. Et pas question de laisser n’importe qui se brancher: tous les employés de Gameloft effectuant du télétravail passent par une connexion sécurisée – un VPN.

« Nous voulions nous assurer que tout le monde puisse faire son travail de la maison », précise M. Bellefontaine.

Dans un contexte de pandémie, ce télétravail devient en effet essentiel. D’autant plus que l’intérêt envers les jeux vidéo s’est démultiplié; après tout, pendant qu’elle est confinée, la population cherche à s’occuper. Il n’est pas étonnant, par exemple, que les ventes du jeu Animal Crossing: New Horizons, sur la console Switch, de Nintendo, se sont envolées au début de la crise.

Chez Gameloft, s’il existait bel et bien un système de télétravail avant la crise, « ce système n’avait pas été conçu pour une utilisation du genre », précise Mme Barousse, tandis que M. Bellefontaine parle d’une infrastructure qui était conçue pour « 100, 200 personnes connectées en même temps ».

Maintenant, au plus fort de son utilisation, le programme de travail à distance permet à « environ 2000 personnes en même temps » de se connecter aux serveurs de Gameloft, précise M. Bellefontaine.

La course contre la montre pour adapter les services de télétravail de Gameloft est donc terminée. Reste à savoir si le programme demeurera en place lorsque la vie « normale » reprendra son cours. Pour Roderick Bellefontaine, il est clair que la solution technologique actuellement en place « est adaptée à la pandémie ». « Allons-nous la conserver par la suite? C’est une bonne question… »

« Nous avons énormément appris, et ce ne sera pas perdu », assure-t-il. « Il y a des choses que nous conserverons, entre autres du côté technique. Nous en savons aussi plus sur nos employés que jamais auparavant, puisque nous avons travaillé directement avec eux pour répondre à leurs besoins. »

Des jeux pour plaire à tous

Roderick et Marianne ont beau travailler ensemble, leurs goûts en matière de jeux vidéo sont largement différents.

« Je suis un gamer« , lance le premier en éclatant de rire. « Pourquoi est-ce que je travaille chez Gameloft? Parce que je suis un joueur. »

« Cela m’attire… surtout le fait que nous sommes passés des débuts, à jouer sur PC, et maintenant, nous jouons sur téléphone. Quand j’ai commencé, les téléphones n’étaient pas ce qu’ils étaient aujourd’hui. »

Minion Rush: Despicable Me, justement développé par Gameloft, fait partie des titres appréciés de Roderick. « Quand c’est sorti, c’était révolutionnaire… un très, très grand succès, et c’était agréable à jouer, en plus! »

Idem pour Asphalt 9, un autre titre de Gameloft.

Roderick confesse toutefois qu’il demeure un amateur de jeux sur ordinateur. La série de titres Witcher, notamment Witcher 3, trouve toujours grâce à ses yeux. « J’ai toujours tendance à y revenir, et je l’apprécie beaucoup. »

Marianne, elle, se dit davantage casual. « Je suis entrée dans l’industrie du jeu par hasard, et je n’en suis jamais ressortie. »

« C’est l’atmosphère et la narration d’un jeu qui m’accrochent », ajoute-t-elle, avant de parler des jeux dits « sociaux », où la collaboration – et la communication! – sont essentiels. « Je dirais qu’Overcooked est l’une des expériences les plus intéressantes.

« Récemment, j’ai aussi aimé le jeu Life is Strange« , poursuit Marianne. Et impossible, dit-elle encore, de passer à côté de Minion Rush, « qui est très populaire auprès de mon mari et de mes enfants ».

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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