30 ans – et pas une ride! – pour La Chapelle

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La Chapelle a 30 ans; la petite salle de spectacle, nichée dans un bâtiment d’allure industrielle, à pas même un coin de rue du boulevard Saint-Laurent, à Montréal, soufflera les (très) nombreuses bougies de son gâteau d’anniversaire dans un contexte à tout le moins chamboulé. Cela n’empêche pas le lieu de création de célébrer comme il se doit. Entrevue.

Au bout du fil, Olivier Bertrand semble optimiste, malgré les circonstances. « C’est sûr qu’avant les événements, nous avions évidemment prévu d’organiser différemment l’entrée dans notre trentième année, mais il nous a semblé important de rester dans un calendrier qui allait commencer le jour même de l’anniversaire, c’est-à-dire le 25 mai qui arrive », explique le directeur de la salle.

« Et comme, dès le départ, nous avions prévu que le jour de l’anniversaire était le lancement d’une année entière qui allait correspondre à notre 30e saison, et qu’il y aurait plusieurs événements soulignant cela, la situation actuelle, avec toutes les incertitudes d’aujourd’hui, ne nous a pas pour autant amené à annuler (les événements) », et à empêcher l’équipe de souligner l’anniversaire.

« On inventera à mesure que nous le permettra la situation », a poursuivi M. Bertrand.

Olivier Bertrand. Photo: Clotilde Dyotte

La Chapelle, c’est du théâtre, y compris du théâtre parfois déjanté, mais aussi de la danse, de la musique, des performances multidisciplinaires. Tout juste derrière la Main, la salle semble incarner ce côté un peu fou de la nightlife de la métropole. « Ce qui a eu lieu d’année en année, ce qui est de plus en plus présent, et surtout aujourd’hui, c’est ce que j’appelle l’interdisciplinarité. Ça veut dire, je crois qu’on a une forte et une belle spécificité nous concernant, et que nous avons l’un des rares endroits qui proposent des oeuvres et des démarches interdisciplinaires. On ne parle plus de danse, de théâtre ou de musique, mais d’une forme en tant que telle qui fait en sorte que les disciplines traditionnelles sont là en partie, mais ne sont plus identifiables. Je pense que c’est l’une de nos spécificités. »

De l’avis de M. Bertrand, d’ailleurs, s’il n’y avait pas cette spécificité propre à La Chapelle, certaines créations « auraient du mal à trouver leur place dans le paysage de diffusion actuel ».

Chaque spectacle, ajoute encore le directeur de la salle, vient ainsi alimenter le débat sur le rapport traditionnel à une discipline ou à une autre.

Malgré tout, 30 ans, c’est une longue période de temps, et si la petite salle a certainement son charme, avec son entrée tout aussi petite, on peut se demander si ses dirigeants ont déjà envisagé, ou envisagent éventuellement un déménagement. « Bien sûr », répond M. Bertrand, qui souligne toutefois que la salle s’est réinventée d’elle-même, sans nécessairement que ses occupants doivent faire leurs boîtes. « Je suis arrivé au moment où La Chapelle avait déjà une très belle place dans la ville de Montréal, mais aussi à un moment, quelque part, où je n’ai vraiment pas hésité à me nourrir et à m’appuyer sur de belles histoires et sur les parcours d’artistes qui ont fait La Chapelle… Je vais aussi à la recherche de la création, des jeunes artistes », indique celui qui est en poste depuis bientôt cinq ans.

« J’ai toujours beaucoup d’enthousiasme à voir les choses bouger du côté des artistes. »

Pour ce qui est d’un véritable déménagement, « c’est une question qui n’arrête pas de revenir; je crois qu’on se la posait déjà il y a quelques années. Moi, avec mon expérience, à partir de quatre ans, je me suis dit que j’avais une vision et une compréhension d’où nous en sommes, par rapport à l’espace, à la salle, à la ville… Oui, nous avons envisagé un déménagement, mais je pense que l’une des grandes qualités de La Chapelle, qui est appréciée par les artistes et les spectateurs, c’est que nous avons une petite salle, mais nous avons l’une des plus belles petites salles de Montréal si l’on prend compte de plusieurs éléments: emplacement, visibilité, un volume tout à fait correct, une très bonne acoustique… tous ces éléments sont primordiaux », souligne M. Bertrand.

La Chapelle semble donc là pour rester, et ce pour un bon moment. Et qu’il y ait une pandémie ou non, la salle fêtera ses 30 ans avec une multitude d’événements culturels, en ligne ou en personne. Tout cela, dès lundi!


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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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