États-Unis: Brett Kavanaugh et son accusatrice témoigneront lundi

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The New York Times

Sous forte pression de la part de sénateurs de son propre parti, le président du comité judiciaire du Sénat américain demandera au candidat du président Donald Trump à la Cour suprême, le juge Brett Kavanaugh, et à la femme qui l’accuse de tentative de viol, de témoigner devant le comité, lundi, dans le cadre d’audiences publiques extraordinaires à quelques semaines seulement des élections de mi-mandat.

En organisant les audiences, le sénateur Charles Grassley, un républicain de l’Iowa, a pris du recul par rapport à la possibilité d’un vote du comité sur la nomination du juge, vote qui état prévu pour jeudi, repoussant ainsi aux calendes grecques une confirmation autrefois considérée comme inévitable.

L’audience avec le juge Kavanaugh et Christine Blasey Ford, une chercheuse en psychologie de la Californie, ouvre la voie à un affrontement public potentiellement explosif qui rappellera le témoignage d’Anita Hill, en 1991, cette femme qui accusait le futur juge de la Cour suprême de harcèlement sexuel dans le cadre d’une affaire qui a captivé les États-Unis et poussé de nombreuses femmes à se lancer en politique. Le tout se déroulera avec le mouvement #MoiAussi comme toile de fond, mouvement qui a donné un sursaut d’énergie aux femmes démocrates à travers le pays. L’affaire se produit également au sein du Sénat, qui est représenté par des hommes à plus de 75%.

M. Trump a vigoureusement défendu son candidat, lundi, le décrivant comme un juge « fantastique » avec un historique sans tache, avant de rejeter la possibilité « ridicule » que le juge Kavanaugh doive retirer sa candidature.

« C’est quelqu’un de très spécial; en même temps, nous voulons aller au bout du processus, nous voulons nous assurer que tout soit parfait, que tout soit correct », a déclaré le président devant la presse. « S’il faut un petit délai, alors il faudra un petit délai – celui-ci ne sera certainement pas très important. »

Journée tumultueuse

L’annonce des audiences de lundi est venue clore une journée tumultueuse à Washington, alors que les sénateurs des deux partis ont pris connaissance des accusations contre le juge Kavanaugh, qui, seulement la semaine dernière, semblait se diriger vers une confirmation facile à obtenir. La Dre Blasey a affirmé avoir été agressée sexuellement lors d’une fête dans les années 1980, alors qu’ils étaient tous deux des adolescents. M. Kavanaugh a catégoriquement nié les allégations, que la Dre Blasey a détaillées dans une lettre envoyée en juillet à la sénatrice démocrate Dianne Feinstein, la plus importante démocrate siégeant au comité judiciaire du Sénat, qui a gardé son existence secrète jusqu’à la semaine dernière, à la demande de Mme Blasey.

En date de lundi dernier, le contenu de la lettre et l’identité de Mme Blasey étaient publics, intensifiant ce qui était déjà une violente bataille partisane à propos de la confirmation de M. Kavanaugh. Le sénateur Mith McConnell, le leader républicain, s’en est pris aux démocrates pour avoir dévoilé les accusations à la dernière minute. Le leader démocrate, Chuck Schumer, a réclamé que le FBI fasse enquête, en plus de s’interroger sur la véracité des témoignages de M. Kavanaugh.

En date de lundi soir, le Mercury News, en Californie, avait publié les témoignages de deux amis de la Dre Blasey, qui ont indiqué avoir été informés en juillet qu’elle allait de l’avant avec ses accusations.

Il en reviendra au juge Kavanaugh de convaincre de son innocence des sénateurs incertains. Les sénateurs républicains Susan Collins et Jeff Flake ont mentionné lundi que si les accusations étaient vraies, elles viendraient disqualifier le candidat pour un possible poste à la Cour suprême.

M. Flake a indiqué aux journalistes qu’il « ne tenait rien pour acquis avec les audiences », mais a ajouté que « si vous croyez que les accusations sont véridiques, vous votez non ».

Militants à l’affût

Le milieu militant de Washington est aussi entré en action. Un groupe conservateur a annoncé qu’il dépenserait 1,5 million de dollars pour une campagne télévisée pour défendre le juge Kavanaugh, tandis qu’un groupe libéral a indiqué avoir acheté pour 700 000 $ en publicités pour convaincre les sénateurs provenant d’État pivots. Des alliés du juge ont publié des lettres de deux anciennes petites amies où elles se portent garantes de son comportement, tandis qu’un mot-clic a fait son apparition sur Twitter: #BelieveChristine.

Le candidat a passé la journée à la Maison-Blanche, entouré de conseillers dans une salle de la West Wing. Plutôt que de travailler à sa confirmation, toutefois, la journée a été consacrée à préparer une défense et préserver les chances d’obtenir une confirmation après une audience qui a toutes les chances de tourner au spectacle.


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