L’avocat de Donald Trump plaide coupable, et implique son ancien patron

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The New York Times

Michael D. Cohen, l’ancien « homme à régler les problèmes » du président Donald Trump, a présenté une admission extraordinaire en cour, mardi, selon laquelle M. Trump lui aurait demandé d’organiser des paiements effectués auprès de deux femmes, durant la campagne électorale de 2016, pour les empêcher de s’exprimer en public à propos de possibles relations extraconjugales avec celui qui était alors candidat républicain à la présidence.

M. Cohen a ainsi reconnu que les paiements avaient été effectués, tout en plaidant coupable à des accusations portant entre autres sur les lois encadrant les dépenses électorales. Il a confié à un juge que les paiements destinés aux femmes avaient été effectués « en coordination avec et à la demande d’un candidat à un poste électif fédéral », et « dans l’objectif premier d’influencer l’élection » de 2016.

L’avocat a également plaidé coupable à plusieurs accusations de fraude fiscale et bancaire, mettant fin à une enquête de plusieurs mois menée par des procureurs fédéraux de Manhattant qui ont examiné ses relations d’affaires et son rôle dans l’organisation d’ententes financières avec des femmes liées à M. Trump.

Le plaidoyer de culpabilité est survenu peu avant un autre dur coup porté au président: son ancien responsable de campagne, Paul Manafort, a été reconnu coupable dans le cadre de son procès pour fraude financière, en Virginie. Le procureur spécial, Robert Mueller, avait allégué que Manafort avait caché des millions de dollars dans des comptes à l’étranger pour frauder l’impôt et avait menti aux banques pour obtenir des prêts de l’ordre de 20 millions de dollars.

En cour fédérale à Manhattan, M. Cohen a présenté son admission à propos du rôle joué par M. Trump dans le dossier des paiements versés aux femmes – une actrice de films pornographiques et une ancienne playmate – alors qu’il plaidait coupable à deux crimes liés aux lois électorales.

Pornographie et magazine à potins

L’une des accusations découlait d’un paiement de 130 000 $ versé à l’actrice, Stephanie Clifford, alias Stormy Daniels, juste avant l’élection présidentielle de 2016. L’autre portait sur un accord complexe dans le cadre duquel un tabloïd a acheté les droits du témoignage d’une ancienne playmate, Karen McDougal, avant de le faire disparaître.

Le plaidoyer de culpabilité et les déclarations de M. Cohen en cour représentent un moment charnière dans l’enquête sur le président: un adjoint autrefois loyal admet qu’il a effectué des paiements à la demande de M. Trump pour le protéger contre des révélations politiquement dangereuses.

Voilà des mois que les avocats du président disent, en privé, qu’ils considéraient le cas de M. Cohen comme étant potentiellement plus problématique, pour le président, que l’enquête du procureur spécial.

Mais l’avocat personnel de M. Trump, Rudy Giuliani, a indiqué par communiqué, après le plaidoyer de M. Cohen, « qu’il n’y avait pas d’allégation de mauvaise conduite de la part du président dans les accusations du gouvernement contre M. Cohen ».

L’accord de culpabilité n’implique pas que M. Cohen coopère avec les procureurs fédéraux à Manhattan. Cependant, cela ne l’empêche pas d’offrir des informations à M. Mueller, qui examine la campagne de M. Trump pour déterminer si celle-ci est impliquée dans l’ingérence électorale russe de 2016. Si M. Cohen aidait de façon substantielle l’enquête du procureur spécial, M. Mueller pourrait recommander une diminution de peine.

M. Cohen recevra sa peine le 12 décembre. S’il risque 65 ans de prison au total pour les huit accusations pour lesquelles il a plaidé coupable, il est fort probable qu’il écope d’une peine moindre.


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