Des milliards en amendes pour Google en lien avec son système Android

0

AFP

L’Union européenne doit imposer cette semaine une amende de plusieurs milliards de dollars à Google pour avoir écarté ses rivaux de son système d’exploitation mobile Android, ont fait savoir des sources, dans le cadre d’un jugement qui pourrait alimenter de nouvelles tensions entre Bruxelles et Washington.

La commissaire à la concurrence Margrethe Vestager doit indiquer mercredi que Google abuse de sa position dominante sur le marché en concluant des accords avec des fabricants de téléphones tels que le sud-coréen Samsung et le chinois Huawei.

Cette décision attendue de longue date survient alors que les craintes d’une guerre commerciale transatlantique s’accroissent en raison de la décision inattendue du président Donald Trump d’imposer des droits de douane sur les exportations européennes d’acier et d’aluminium.

Deux sources européennes ont confié à l’AFP que l’amende se chiffrerait dans les « milliards d’euros », sans donner plus de détails. Les règles de l’UE stipulent que Google pourrait être pénalisé jusqu’à hauteur de 10% des revenus de sa compagnie-mère, Alphabet, qui ont atteint 110,9 milliards de dollars en 2017.

« Le montant de l’amende s’appuie sur la durée de l’infraction, mais également si, selon les autorités antitrust, il existait une velléité claire de commettre la transgression, et si Google a oui ou non exclu ses concurrents », a mentionné une autre source.

La Commission européenne a refusé de commenter.

Mme Vestager a ciblé une série de géants de Silicon Valley durant ses quatre années comme responsable de la lutte antitrust de l’UE, s’attirant des félicitations en Europe, mais mettant Washington en colère.

Le dossier contre Android est le plus volumineux de trois plaintes déposées par l’UE contre le géant de la recherche en ligne, qui a déjà été frappé par une amende record de 2,4 milliards d’euros en lien avec son service de magasinage sur internet.

Bruxelles a ciblé à répétition Google, au cours de la dernière décennie, dans la foulée d’inquiétudes à propos de la position dominante de l’entreprise à travers l’Europe, où elle possède 90% du marché de la recherche en ligne.

Incitatifs financiers

Dans l’affaire Android, la Commission européenne a accusé Google d’obliger les fabricants de téléphones comme Samsung et Huawei à pré-installer son engin de recherche et le navigateur Google Chrome sur leurs appareils, en plus de définir Google comme engin de recherche par défaut, en tant que conditions pour obtenir certaines applications de la compagnie.

Ledit engin de recherche et Chrome sont ainsi pré-installés sur la « grande majorité » des appareils vendus sur le territoire européen, a précisé la commission.

La plainte déposée en avril accuse également Google d’avoir empêché les fabricants de vendre des téléphones intelligents tournant sous des systèmes d’exploitation rivaux qui s’appuient sur le code source ouvert d’Android.

Google aurait également offert des « incitatifs » financiers aux fabricants et exploitants de réseaux cellulaires s’ils pré-installent Google Search sur leurs appareils, a ajouté la Commission.

La décision à propos de Google survient à peine une semaine avant que le chef de la Commission européenne Jean-Claude Juncker se rende aux États-Unis pour des discussions cruciales avec le président américain Donald Trump sur la question des tarifs commerciaux et d’autres sujets.


En complément:

Intelligence artificielle: combattre l’injustice des algorithmes

Partagez

À propos du journaliste

Pieuvre.ca

Répondre