Affaire Skripal: la Russie va riposter, prévient Boris Johnson

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Le ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson, a prédit que la Russie allait répliquer contre les pays ayant agi de concert avec le Royaume-Uni dans la foulée de l’empoisonnement de l’ex-espion russe Sergueï Skripal, laissant entendre que Moscou pourrait interférer dans l’alimentation énergétique, ou déstabiliser le quotidien des diplomates européens et de leur famille en poste à Moscou.

Saluant le courage des 27 pays qui ont soutenu le Royaume-Uni en agissant contre la Russie, le ministre a affirmé que leur démonstration de solidarité avait permis de cristalliser un sentiment commun, sur trois continents, selon lequel la patience envers le comportement de la Russie était arrivée à terme.

Lors d’un discours prononcé à Londres, Boris Johnson a dépeint l’affrontement diplomatique comme s’inscrivant dans une bataille plus vaste visant à contrer l’interférence russe, affirmant que « cette semaine s’est produit le moment où la planète a décidé de dire « assez » au déferlement de mensonges de la Russie et autres tentatives de susciter la zizanie ».

« Ce n’était pas à propos de nous. C’était à propos de nous tous, et du genre de monde dans lequel nous voulons vivre. Je crois que ces expulsions représentent un moment où un sentiment s’est soudainement cristallisé, lorsque des années de vexation et de provocation ont eu raison de la patience collective, et lorsque, à travers la planète, à trois continents, des pays ont eu la volonté de dire qu’assez, c’est assez. »

La Russie, a poursuivi le ministre Johnson, a sous-estimé la force du ressentiment mondial contre les agissements de Vladimir Poutine.

Dans des remarques qui feront encore grimper la température sur la scène diplomatique, le ministre britannique des Affaires étrangères a également mis en garde contre le fait que les pays s’étant rangés du côté du Royaume-Uni « savent parfaitement bien qu’ils risquent une riposte – et, franchement, il y a des pays qui ont agi contre la Russie et qui sont bien plus vulnérables que nous ne le sommes, que ce soit sur le plan géographique, ou en lien avec leurs demandes énergétiques ».

Les déclarations de M. Johnson seront probablement perçues par Moscou comme servant à alimenter la division entre l’Europe et la Russie. Le leadership politique russe a assuré qu’il préparait des réponses contre les nations ayant expulsé des diplomates russes, tout en soulignant ne pas vouloir exacerber les relations bilatérales avec certains pays.

Moscou continue d’affirmer que la Russie n’était pas impliquée dans la tentative d’empoisonnement, et soutient maintenant que les services de renseignement britanniques pourraient avoir été responsables, dans le cadre d’une tentative visant à redorer le blason du gouvernement de Theresa May, qui est embourbé dans les négociations sur le Brexit. Le Kremlin mentionne également que la solidarité démontrée par plusieurs pays de l’Union européenne découle de la pression américaine, et que plusieurs pays avaient indiqué en privé qu’ils n’avaient pas souhaité adopter de mesures.

Moscou veut participer à l’enquête

La Russie réclame par ailleurs d’avoir accès au gaz innervant qui, au dire des renseignements britanniques, aurait été utilisé pour attaquer M. Skripal et sa fille.

S’exprimant par voie de communiqué, les Affaires étrangères russes ont déclaré « qu’à moins de recevoir des preuves convaincantes du contraire, nous considérerons cet incident comme une attaque contre des citoyens russes, dans le cadre d’une provocation politique de grande ampleur. Nous soutenons que le fardeau de la preuve repose uniquement sur le Royaume-Uni ».

Boris Johnson a rétorqué que le Foreign Office britannique avait jusqu’à maintenant recensé 24 mensonges absurdes de la Russie à propos de l’empoisonnement de M. Skripal. « Cela ressemble au début de Crime et châtiment, dans le sens où tout le monde connaît le coupable, et la seule question qui demeure est à savoir s’il se confessera ou s’il sera pris. »

Le ministre estime que la tentative d’empoisonnement s’inscrit dans la foulée de l’annexion de la Crimée, de l’intervention russe en Ukraine, de la destruction du vol MH17, de plusieurs cyberattaques, de la tentative de coup d’État au Montenegro, de la dissimulation d’attaques aux armes chimiques en Syrie, du piratage du Bundestag – le Parlement allemand – et de l’interférence dans les élections d’autres pays.

« Il y a simplement trop de pays qui ont subi le comportement malveillant de l’État russe. »


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Pieuvre.ca

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