Oasis de calme dans une région dévastée, Dubaï s’impose comme plaque tournante artistique

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Alors que les centres artistiques traditionnels de l’art arabe moderne situés à Damas et Bagdad ont implosé dans la foulée de guerres désastreuses, la cité-État de Dubaï, aux Émirats arabes unis, est devenue l’un des principaux centres des ventes d’oeuvres d’art.

Mais lors de la Foire artistique annuelle de Dubaï, cette semaine, certains artistes du Moyen-Orient faisant partie des nombreux invités de l’événement ont utilisé la peinture pour représenter le chaos faisant rage autour de cette bulle de calme luxueux.

Installées au sein d’une série d’oeuvres majoritairement apolitiques – photos, sculpture et autres créations -, des peintures en noir et blanc de scènes de guerre à Gaza, vidées de tous ses habitants et sans détails nets, font tache.

« C’est comme un monstre, n’est-ce pas? », affirme l’artiste palestinien Aissa Deebi, les bras tendus au-dessus de sa tête dans la forme approximative d’une boule de feu représentant un avion de guerre israélien peinturé alors qu’il explose au-dessus de bâtiments.

« J’ai transformé des images de la télévision en de la peinture sur une toile, en lien avec une tradition qui remonte à Goya et Picasso », a-t-il ajouté, en évoquant les images chaotiques provoquées par un raid aérien mortel sur la ville espagnole de Guernica.

Une réalité impossible à ignorer

Myrna Ayad, directrice d’Art Dubaï, soutient que l’événement mettant en vedette des artistes provenant de 48 pays ne cherche pas à s’appesantir sur la misère de la région, mais a noté qu’alors que l’étoile de Dubaï continue de briller davantage dans le monde de l’art, les oeuvres présentées ne peuvent se payer le luxe d’ignorer la réalité.

« Ce qui se passe, c’est qu’alors que Bagdad, Beyrouth, Damas et même Le Caire ont souffert de problèmes politiques et économiques, les Émirats arabes unis sont en position de construire sur son ouverture et son aspect multiculturel pour occuper un poste de leader sur la scène artistique. »

« Les conflits et les problèmes ne sont pas le seul sujet abordé par l’art au Moyen-Orient, et notre exposition célèbre les modernistes et les visionnaires d’ici et de partout ailleurs dans le monde… Les artistes peuvent toutefois s’avérer être d’incroyables historiens et documentaristes », a-t-elle ajouté.

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Pieuvre.ca

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