Le continent de plastique est bien plus vaste que prévu

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La vaste « île » de déchets en plastique circulant dans l’océan Pacifique est maintenant plus vaste que la France, l’Allemagne et l’Espagne combinées – bien plus vaste que ce qui était estimé auparavant – et prend rapidement de l’expansion, révèle une étude publiée jeudi, dont fait état le site Phys.org.

Des chercheurs des Pays-Bas ont utilisé une flotte de navires et des avions pour évaluer la gigantesque accumulation de bouteilles, contenants, filets de pêche et microparticules connue sous le nom de « continent de plastique » et ont découvert une accumulation stupéfiante de déchets en plastique.

« Nous avons trouvé environ 80 000 tonnes de plastique flottant actuellement au sein du « continent » », a déclaré Laurent Lebreton, auteur principal de l’étude publié dans le journal scientifique Scientific Reports, dans une entrevue accordée à l’AFP.

Cela équivaut au poids d’environ 500 avions de ligne, ou encore jusqu’à 16 fois le poids de la masse de plastique découverte lors de précédentes études.

Ce qui a toutefois franchement choqué l’équipe de recherche, c’est la quantité de morceaux de plastique qui se sont accumulés entre Hawaï et la Californie ces dernières années.

Cet amas contiendrait maintenant environ 1800 milliards de morceaux de plastique, représentant une double menace pour la vie marine.

Les microplastiques, de petits morceaux de plastiques d’une longueur inférieure à 50 millimètres qui représentent la vaste majorité des déchets se trouvant dans le continent artificiel au milieu du Pacifique, peuvent se retrouver dans la chaîne alimentaire lorsqu’ils sont avalés par des poissons.

Ces polluants se concentrent de plus en plus alors qu’il remonte la chaîne alimentaire, et ce jusqu’aux prédateurs principaux, tels que les requins, les phoques et les ours polaires.

« L’autre impact environnemental provient des plus grands débris, particulièrement les filets de pèche », précise M. Lebreton.

Ces filets tuent la vie marine en coinçant les poissons et les animaux comme les tortues, dans le cadre d’un processus appelé « pèche fantôme ».

L’équipe de recherche de la Ocean Cleanup Foundation, une jeune entreprise néerlandaise visant à récupérer la moitié des débris du continent de plastique en cinq ans, a été surprise par l’accumulation des grands objets en plastique, qui représentent plus de 90% de la masse du continent de plastique.

Cela pourrait représenter une porte de sortie, les grands morceaux de plastique étant plus faciles à repérer et récupérer que les microplastiques.

Une société de l’usage unique

La production mondiale de plastique a atteint 322 millions de tonnes en 2015, selon l’International Organization for Standardization.

Le projet Ocean Cleanup, qui a mené l’étude, soutient que huit millions de tonnes de plastique se retrouvent dans les océans chaque année, dont la majeure partie s’est retrouvée agglomérée en cinq gigantesques îles.

Pour accroître leur capacité d’identifier les pièces de plastique, les chercheurs ont utilisé 30 navires et deux avions, dont un avion cargo C-130 Hercules équipé de détecteurs avancés qui ont permis de créer une carte tridimensionnelle du continent de plastique.

Les chercheurs ont constaté que l’île de déchets s’étendait sur 1,6 million de kilomètres carrés… et qu’elle continuait de prendre de l’expansion.

De plus, l’ampleur du problème demeure ultimement inconnue, puisque l’on ignore la quantité de déchets se trouvant sous la surface.

L’équipe de la fondation prévoit construire des dizaines de barrières flottantes pour regrouper la moitié du plastique formant le continent d’ici cinq ans. Mais comme le mentionne M. Lebreton, les dégâts planétaires provoqués par les déchets en plastique ne peuvent être contrés qu’à l’aide d’une action coordonnée.

 

« Les gens voient le nombre de filets de pêche dans les déchets et accusent l’industrie, mais ils mangent quand même du poisson. Ce n’est pas tant ce secteur ou cette région, c’est la façon dont nous consommons et vivons – dans une société de plastique à usage unique, une société du bon à jeter », dit-il.

« Nous devons agir sérieusement dans ce domaine. Nous devons résoudre ce problème à l’échelle globale. »

 


En complément:

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