Pixèle-moi, savant mélange de jeu vidéo et rétroprojecteur aux Écuries

0

Présenté au OFFTA en 2016 et bien reçu par le public, Pixèle-moi revient retravaillé, et la crue 2018 est savoureuse. Samedi, l’oeuvre faisait partie de la programmation du festival de Casteliers.

Un spectacle sur le tout premier jeu vidéo, joué à l’aide de manipulation d’acétates et d’un rétroprojecteur, c’est déjà drôle dans la contradiction intrinsèque que porte la proposition. Camarades nés avant le milieu des années 1990, vous rappelez-vous les premiers jeux vidéo? Leur esthétique pixélisée, les scénarios d’une simplicité extrême, les méchants à tuer, les étoiles à gagner, les portes à franchir ? Si ce n’est pas le cas, les souvenirs auront vite fait de revenir à la surface!

Et pour ceux qui n’auraient pas connu cette époque, hé bien, ce spectacle pourrait bien faire office de cours d’histoire récréatif. La courte forme est un savant mélange d’ingéniosité et d’absurdité.

Arthur, pour sauver la princesse, doit combattre le méchant monstre et éviter les autres pièges qui se trouvent sur sa route. Saura-t-il passer tous les niveaux pour atteindre son objectif? L’histoire peut-elle changer en cours de jeu? Pixèle-moi nous rejoue le jeu vidéo, sans vidéo, et nous réserve quelques surprises scénaristiques. Complètement artisanal, le procédé implique de jouer avec des acétates pour raconter une histoire un peu comme dans un livre pour enfants. Les personnages sont des petites figurines découpées en 2D et manipulées à l’aide de petits bâtons, le tout disposé sur d’autres acétates ‘’décors’’ dont le mouvement est activé avec une manivelle par un système de déroulement. C’est tout à fait amusant à voir se faire sous nos yeux.

En plus de l’ingénieux système, la réussite du spectacle tient aussi dans le ton, second degré absolu. Et quand l’ampoule du rétroprojecteur explose, au trois quarts du spectacle, il nous faut trois bonnes minutes pour comprendre que la « chorégraphie d’urgence » a été demandée pour régler une vraie urgence et non pas par fantaisie performative. Les artistes sur scène assument l’artisanat jusqu’au bout. Le Retrocolectivo ne se prend pas au sérieux et joue le jeu sans complexe.. On ne vous en dit pas trop, car ce sont tous les petits détails qui participent à donner à cet objet théâtral original un succulent petit goût de bonbon acidulé.

Nous avons beaucoup ri, le reste du public aussi et on en ressort rafraîchi(e). Le spectacle dure 35 minutes (un chouia plus si vous avez la chance de connaître la fameuse chorégraphie d’urgence) et il est présenté tous les vendredis et samedis jusqu’au 24 mars.

Aux Écuries

Les vendredis à 19h et les samedis à 15h

Jusqu’au 24 mars.


En complément:

Hamster: pour sortir de la cage

Partagez

À propos du journaliste

Mathilde Perallat

Mathilde Perallat vient de France, et plus particulièrement de Provence. Avant de s’installer à Montréal, elle a passé plusieurs années dans la capitale culturelle française où elle s’est nourrie de théâtre, de danse et de cirque en forte quantité – autant que de qualité. C’est aussi par sa propre pratique des arts du cirque, en tant que danseuse aérienne, qu’elle est tombée amoureuse des arts de la scène. Formée en sociologie et en gestion, et doctorante à Concordia dans une recherche sur le rôle social que peut porter le cirque, Mathilde s’inspire et nourrit son âme et son esprit de spectacles en tous genres tout en continuant à se forger un esprit critique, cette critique qui fait si bien la réputation de son pays, pour le meilleur et pour le pire. Elle sait néanmoins mettre de l’eau dans son vin (selon les circonstances) et tente de donner des avis qui mesurent regard personnel et mise en perspective, toujours dans une grande ouverture.

Répondre