En route vers la « tolérance zéro » du plastique dans les océans

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Un plan de tolérance zéro pour la pollution plastique dans les océans pourrait faire l’objet d’un accord dans le cadre d’un sommet environnemental onusien.

Selon ce qu’écrit la BBC, les gouvernements sont sous pression pour progresser vers un traité légal interdisant que des déchets en plastique ne se retrouve dans les mers du globe.

En ce moment, les navires sont sous l’interdiction de jeter du plastique par-dessus bord, mais il n’existe aucune loi internationale sur les produits en plastique tombant dans les 0céans à partir de la terre ferme.

Selon des experts, les plastiques présents dans les océans sont un sujet qui va de soi pour un traité international: après tout, ces plastiques représentes une menace à grande échelle. La pollution engendré par ces débris ne reconnaît d’ailleurs pas les frontières.

Des délégués se trouvant à Nairobi, au Kenya, pour y préparer la rencontre onusienne des ministres de l’Environnement, la semaine prochaine, affirment être largement d’accord sur la nécessité d’agir avec plus de fermeté pour combattre la crise des plastiques.

Ces délégués ont mis sur pied un groupe de travail pour explorer des options en vue d’une action mondiale visant à s’attaquer aux déchets de plastique et aux microplastiques.

Les États-Unis ont signalé qu’ils étaient intéressés à participer au groupe en question, mais Washington est traditionnellement peu chaude à l’idée d’accepter quelque loi internationale que ce soit.

S’inspirer de Paris

L’une des idées examinées consisterait à copier l’accord de Paris sur le climat.

Dans le cadre de cette entente, le cadre permettant de signaler les émissions polluantes et comportant des objectifs à long terme est légalement contraignant, mais les démarches des différents États sont à la discrétion des nations.

Selon des environnementalistes, obtenir davantage d’informations sur la façon dont les plastiques se retrouvent dans la mer – et en provenance de quelles sources – serait une étape importante.

Les Nations unies se sont déjà engagées à réduire substantiellement les déchets plastiques d’ici 2025, mais une résolution parrainée par la Norvège souligne que l’objectif à long terme doit être l’absence totale de pollution de ce genre.

La résolution appelle aussi au nettoyage du plastique polluant déjà les plages. On y indique que le geste serait plus efficace pour l’environnement et moins coûteux que certaines expériences de nettoyage à grande échelle déjà en cours dans le Pacifique – expériences qui, dit-on, pourraient nuire à la vie sauvage.

Le texte soutient par ailleurs que le nettoyage des plages est particulièrement important, puisque l’abrasion brise les morceaux de plastique de grande taille pour en faire des microplastiques particulièrement nocifs.

La Norvège est également en faveur d’un nettoyage des filets de pêche « fantômes » jetés dans l’océan.

Lors de la conférence, on indiquera aussi qu’un leadership plus solide est nécessaire – que celui-ci provienne d’un programme environnemental onusien renforcé, ou encore d’une nouvelle agence onusienne dédiée aux plastiques.

Progrès lents

La Norvège veut que les gouvernements établissent des compilations de la quantité de déchets plastiques qui se retrouvent dans l’océan en provenance de leur territoire. On reconnaît toutefois que cela ne sera pas chose facile.

Une source au fait des négociations a confié à la BBC « qu’il y a encore plusieurs questions sans réponse. Devrait-il y avoir un cadre légalement contraignant interdisant les plastiques en provenance de la terre ferme? Dans le cas contraire, sur quel mécanisme pourrait-on compter? Nous en sommes encore aux tout débuts de ce problème de grande envergure ».

La Chine, le plus grand pollueur en matière de produits en plastique, serait prudente à l’idée d’être liée par des règles mondiales. D’autres grands pollueurs, comme l’Inde et l’Indonésie seraient généralement favorables aux résolutions.

Le premier ministre indien Narendra Modi a récemment salué le nettoyage du plastique se trouvant sur une plage de Mumbaï, déclarant « qu’il est de notre devoir de protéger l’environnement pour les générations futures ».

Eirik Lindebjerg, de l’organisme environnemental WWF, a affirmé que la rencontre de Nairobi pourrait représenter un point tournant dans la crise des plastiques. « Les traités sur les changements climatiques et la biodiversité ont été initiés au sein de ce forum – alors il y a un historique de gens qui font progresser les choses », a-t-il confié au diffuseur public britannique.

« Les plastiques sont l’un des dossiers où un accord mondial est franchement nécessaire, alors qu’environ huit millions de tonnes de divers produits en plastique se retrouvent dans les océans », a-t-il poursuivi.

« Les flots de plastique sont gigantesques et dangereux; ils traversent les frontières. Nous devons impérativement stopper le déversement de plastiques dans l’océan – et cette rencontre semble être le début de quelque chose d’important. »

La rencontre sera également le lieu de discussions sur la pollution de l’air et de l’eau. On pourrait y approuver une interdiction mondiale de la peinture au plomb.


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Pieuvre.ca

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