Pas d’accord en Irlande du Nord pour former un gouvernement

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Les négociations entre les nationalistes du Sinn Féin et le Parti unioniste démocratique (DUP) se sont achevées mercredi sans qu’un accord ait été trouvé entre les deux principales formations d’Irlande du Nord pour former un gouvernement de coalition. 

« Le Sinn Féin est déçu après ces dernières semaines de négociations qui s’achèvent sur un échec. Nous avons essayé de faire preuve de toute la souplesse possible », a déclaré Michelle O’Neill, chef du groupe nationaliste au parlement nord-irlandais.

O’Neill a appelé les gouvernements britannique et irlandais « à intervenir rapidement afin d’instaurer une égalité » en Irlande du Nord, ce que l’assemblée locale n’a pas, selon elle, réussi à faire dans le cadre de l’accord de paix de 1998 qui a mis fin à trente années de violences communautaires.

Le Sinn Féin s’était retiré en janvier du gouvernement de « dévolution », dans lequel il partageait le pouvoir avec le DUP, estimant ne pas être traité de manière équitable. Des élections législatives anticipées organisées en mars n’ont pas débloqué la situation.

Les nationalistes estiment que l’impossibilité d’une entente avec leurs anciens partenaires tient à l’accord passé, au niveau national, par le DUP pour soutenir le gouvernement de Theresa May après les élections législatives du 8 juin qui ont vu les conservateurs perdre leur majorité à la Chambre des communes.

Interrogé pour savoir si les discussions pouvaient malgré tout se poursuivre, le leader nationaliste Gerry Adams n’a pas totalement fermer la porte, se contentant de répondre laconiquement: « Qui sait? »

Ce constat d’échec après des mois de négociations laborieuses pour constituer un gouvernement à Belfast va contraindre le pouvoir britannique à s’impliquer plus largement dans la province en se substituant aux autorités locales défaillantes.

Retour à la gestion par Londres?

Une première étape dans ce retour à la « direct rule », la gestion directe de l’Ulster par Londres, sera franchie avec l’adoption par le parlement britannique d’un budget de la province, une première depuis des décennies.

Le ministre chargé de l’Irlande du Nord, James Brokenshire, a annoncé mercredi qu’il allait prendre « les mesures nécessaires pour qu’un projet de budget soit présenté à Westminster au moment opportun afin de garantir la continuité des services publics en Irlande du Nord ».

Il a également indiqué qu’il allait examiner la question d’une réduction des salaires des députés du parlement nord-irlandais puisque le pouvoir politique provincial est vacant.

Privilégiant une résolution par le dialogue, le gouvernement britannique avait fixé un premier ultimatum au DUP et au Sinn Féin, leur demandant de parvenir à un accord avant le lundi 30 octobre.

Face à l’impasse dans laquelle se trouvaient les discussions, un délai supplémentaire de 24 heures avait été accordé, en vain.

Theresa May a réaffirmé mercredi sa volonté de « voir rétabli un gouvernement en Irlande du Nord ». James Brokenshire a précisé pour sa part que les compétences budgétaires assumées temporairement par Londres pourraient être restituées à Belfast par la suite.

Le ministre irlandais des Affaires étrangères Simon Coveney a estimé pour sa part que l’annonce faite par Brokenshire constituait un premier pas vers le retour à la « direct rule » et a jugé que Dublin, co-garant avec Londres de l’accord de 1998, avait un rôle à jouer dans cette crise politique.

Il a également estimé qu’il existait « une base pour un accord » entre les deux principaux partis nord-irlandais.

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Pieuvre.ca

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