Les Catalans aux urnes en décembre?

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Le gouvernement de Catalogne envisage de convoquer des élections régionales anticipées, ont annoncé jeudi des membres de la coalition indépendantiste, un geste destiné à calmer les tensions entre les autorités de Barcelone et le gouvernement espagnol. 

Le président de la Généralité, Carles Puigdemont, devait s’exprimer à 13h30 (6h30, heure de l’Est), mais sa déclaration a été d’abord repoussée d’une heure puis annulée. Il devrait en fin de compte prendre la parole devant le parlement de Barcelone censé se réunir à 17h00 (10h00, heure de l’Est), selon la radiotélévision
régionale.

Plusieurs membres de la coalition au pouvoir en Catalogne ont déclaré qu’il allait dissoudre le parlement régional et convoquer de nouvelles élections, le 20 décembre selon le journal La Vanguardia.

Le chef de l’exécutif régional espère ainsi dissuader Madrid de suspendre l’autonomie catalane.

Le Sénat espagnol doit se prononcer vendredi sur la mise en oeuvre des mesures d’exception réclamées par le gouvernement de Mariano Rajoy dans le cadre de l’article 155 de la Constitution afin de mettre sous tutelle l’exécutif régional de Catalogne. Madrid veut aussi organiser de nouvelles élections régionales dans un délai maximal de six mois.

La crise entre Madrid et Barcelone à la suite du référendum d’autodétermination du 1er octobre, déclaré illégal par les autorités centrales, est à un point de bascule.

Après avoir laissé entendre par certains de ses conseillers qu’il pourrait se rendre à Madrid, Carles Puigdemont a fait savoir mercredi qu’il avait repoussé une invitation à s’exprimer devant le Sénat.

Les souverainistes mécontents

Des fissures sont apparues mercredi soir dans la coalition indépendantiste à propos de l’éventuelle organisation d’élections anticipées et plusieurs élus favorables à la sécession ont annoncé jeudi leur démission.

« Je n’approuve pas la décision d’organiser des élections. Je démissionne de mon poste de député du Parlement de Catalogne et du Parti démocratique catalan », a déclaré sur Twitter Jordi Cuminal. Le PdeCat est la formation de Carles Puigdemont.

Une source a par ailleurs affirmé jeudi après-midi que la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), qui participe à l’exécutif régional, quitterait le gouvernement en cas d’élections anticipées.

Le parti d’extrême gauche CUP (Candidature d’unité populaire), allié du PdeCat, s’est déclaré hostile à un scrutin anticipé. « Jusqu’ici, les partisans de l’indépendance avaient un problème, l’État espagnol. Si on organise des élections anticipées, ils auront deux problèmes », a estimé la CUP sur Twitter.

Jeudi en milieu de journée, plusieurs centaines de manifestants étaient rassemblés Placa Sant Jaume, devant le siège du gouvernement régional dans le centre de Barcelone. « Puigdemont traître », pouvait-on lire sur une banderole.

L’hypothèse d’élections régionales a été bien accueillie par les marchés financiers. Le rendement de l’emprunt espagnol à dix ans a ainsi perdu six points de base à 1,58%.

Selon un sondage publié dimanche dans El Periodico, des élections anticipées aboutiraient au même résultat qu’en 2015, avec la coalition indépendantiste majoritaire en sièges mais minoritaire en voix.

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Pieuvre.ca

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