Trump pris à partie par deux sénateurs de son propre parti

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Deux sénateurs républicains s’en sont pris violemment à Donald Trump mardi, accusant le président issu de leurs rangs d’avilir la vie politique américaine et d’affaiblir l’image des États-Unis à l’étranger. 

Dans un discours prononcé avec emphase au Sénat, Jeff Flake s’en est pris à plusieurs reprises à la manière de gouverner du chef de la Maison-Blanche, fustigeant une manière de faire « irréfléchie, outrancière et indigne ».

« Le réflexe du bouc-émissaire et du rabaissement menace de faire de nous un peuple peureux et passéiste », a déclaré le sénateur de l’Arizona qui a annoncé qu’il ne se représenterait pas aux élections de l’an prochain. « Je ne serai pas complice ni ne resterai silencieux », a déclaré Jeff Flake.

Le sénateur Bob Corker, qui a lui aussi fait savoir qu’il ne briguerait pas de nouveau mandat, avait auparavant traité Donald Trump de menteur ayant porté atteinte à la réputation du pays sur la scène internationale.

« Le président a un gros problème avec la vérité », a commenté Bob Corker dans un entretien accordé à CNN au Capitole où Trump devait rencontrer des sénateurs dans la journée pour parvenir à un consensus sur sa réforme de la fiscalité.

« C’est étonnant. Malheureusement, les dirigeants internationaux savent parfaitement que ce qu’il dit est faux », a poursuivi le sénateur du Tennessee, spécialiste de politique étrangère et dont le soutien pourrait être déterminant pour l’adoption du projet de réforme fiscale.

Les républicains contrôlent les deux chambres du Congrès mais n’ont qu’une courte majorité de 52 sièges sur 100 au Sénat.

Avalissement

« Il détruit intentionnellement les relations que nous entretenons à travers le monde et qui sont utiles à notre pays », a encore commenté le sénateur. « Je ne comprends pas pourquoi il s’abaisse lui-même à un tel niveau et affaiblit notre pays ».

Donald Trump a décidé de faire sortir les États-Unis de l’accord de Paris sur le climat et a refusé de certifier au Congrès que l’Iran respectait les engagements pris au titre de l’accord international sur le contrôle de son programme nucléaire.

À terme, cette « non certification » pourrait conduire le Congrès à rétablir les sanctions prises contre la République islamique et qui ont été levées en vertu de cet accord.

En tant que président de la commission des Affaires étrangères du Sénat, Bob Corker dirige la rédaction d’une nouvelle loi redéfinissant les conditions d’adhésion des États-Unis à l’accord international.

« Je pense qu’on gardera de lui le souvenir d’un avilissement de notre pays », a ajouté le parlementaire.

Donald Trump a immédiatement réagi aux propos du sénateur, qualifiant ce dernier « de président incompétent de la commission des Affaires étrangères ».

Dans une série de quatre messages vengeurs matinaux sur Twitter, le président américain désigne son interlocuteur comme un « poids plume » et lui reproche de chercher désormais à combattre la réforme fiscale à l’étude devant le Congrès.

Donald Trump l’accuse aussi d’avoir contribué à la conclusion de l’accord sur le nucléaire iranien avec le groupe P5+1 qui est, à ses yeux, le « pire qui soit ».

La semaine dernière, l’ancien président républicain George W. Bush, qui s’est fait discret depuis son départ de la Maison-Blanche début 2009, a fait une critique à peine voilée à Donald Trump dans un discours où il a évoqué « l’intimidation et la discrimination » et dénoncé un sentiment xénophobe.

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Pieuvre.ca

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