Vers un scrutin anticipé en Catalogne?

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Les dirigeants sécessionnistes de Catalogne envisagent d’organiser des élections anticipées dans la région dans l’espoir de renforcer leur position face au gouvernement espagnol, qui a cependant affirmé mardi qu’un nouveau scrutin ne suffirait pas à régler le conflit. 

Le Sénat espagnol doit voter vendredi la mise en oeuvre de l’article 155 de la Constitution espagnole qui permettra à Madrid d’administrer directement la Catalogne et à faire ainsi échec aux ambitions indépendantistes de la région.

Le gouvernement catalan a annoncé mardi qu’il allait faire appel devant la Cour constitutionnelle de cette décision du gouvernement de recourir à l’article 155.

Le parlement de Catalogne doit se réunir jeudi pour se mettre d’accord sur la réponse à apporter au gouvernement de Madrid.

Pour les partisans de l’indépendance, le résultat du référendum d’autodétermination du 1er octobre – 43% de participation, 90% de oui à l’indépendance – leur donne un mandat pour faire sécession.

Des dirigeants politiques et des hommes d’affaires espagnols, ainsi que la plupart des journaux catalans, ont appelé le président de la région, Carles Puigdemont, à organiser des élections.

Opposition à des élections

Ils ont souligné qu’une mise sous tutelle de la région par Madrid serait une humiliation et risquerait d’entraîner des troubles sociaux et économiques.

Carles Puigdemont a jusqu’ici gardé le silence sur la question des élections anticipées mais selon son allié d’extrême gauche au parlement local, la CUP (Candidature d’unité populaire), il envisage très sérieusement cette possibilité.

La CUP ne compte que dix élus au parlement de Catalogne mais Puigdemont a besoin de son soutien pour se maintenir au pouvoir.

La formation d’extrême gauche a dénoncé cette idée d’élections anticipées. « C’est une arme pour annuler le référendum du 1er octobre et aller contre la volonté de la majorité », a dit le député CUP Carles Riera lors d’une conférence de presse.

Les proches de Carles Puigdemont sont divisés sur cette question.

Lors des élections régionales de 2015, les indépendantistes (listes « Ensemble pour le oui » et CUP) ont obtenu la majorité des sièges (72) mais pas la majorité absolue des voix (47,8%).

Le ministre espagnol de la Justice, Rafael Catala, a pour sa part déclaré mardi que la crise ne pouvait être résolue simplement en organisant un nouveau scrutin.

« Tout ne se règle pas simplement en organisant des élections », a-t-il dans une interview radiophonique. « Si le gouvernement propose une option aussi extrême que l’article 155, c’est parce que nous pensons que Puigdemont n’a pas rempli ses obligations », a-t-il ajouté.

Appel à la désobéissance

Si le président de la Généralité de Catalogne se présentait devant le Sénat espagnol, ce serait un pas en avant vers la recherche d’une solution au conflit, a poursuivi le ministre.

Un haut responsable du Sénat a estimé que si Puigdemont se présentait devant la chambre haute, le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, ferait probablement de même, ce qui permettrait l’ouverture d’un débat.

Le gouvernement espagnol refuse de rencontrer le dirigeant catalan tant qu’il n’aura pas officiellement renoncé à la déclaration d’indépendance. Rafael Catala a ainsi souligné que si Puigdemont se rend devant le Sénat, cela doit se faire dans un cadre légal et constitutionnel.

« S’il vient dans le cadre de la Constitution et de la loi, nous apprécierions la chose… Mais s’il s’agit simplement de confirmer sa position sur l’indépendance de la Catalogne, alors, malheureusement, nous ne pourrions que poursuivre sur la voie fixée par le gouvernement » espagnol, a souligné Catala.

Face à la menace d’une gestion directe de la Catalogne par le pouvoir central, les dirigeants et certains partis politiques de la Généralité ont appelé lundi à la désobéissance civile.

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Pieuvre.ca

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