Venezuela: les socialistes remportent les élections régionales

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Le gouvernement socialiste de Nicolas Maduro a remporté dimanche la majorité des 23 sièges en jeu lors de l’élection des gouverneurs régionaux, selon des résultats officiels mis en doute par l’opposition, qui anticipait une « immense victoire ». 

Le parti socialiste a remporté 17 États tandis que l’opposition a obtenu cinq sièges de gouverneurs, a annoncé la présidente de la commission électorale, Tibisay Lucena, selon des résultats définitifs portant sur 22 des 23 États en jeu.

« Le ‘chavisme’ est en vie, dans les rues, et triomphant », a déclaré, rayonnant, le président Maduro dans un discours aux Vénézuéliens, en référence à l’héritage politique de son prédécesseur Hugo Chavez.

Quelques minutes avant leur publication, les dirigeants de l’opposition ont dit douter de l’authenticité des résultats officiels.

« Nous avons de sérieux doutes et suspicions », a déclaré à des journalistes le directeur de campagne de l’opposition, Gerardo Blyde. « Ces résultats sont incroyables et inexplicables », a renchéri plus tard le porte-parole Ramon Aveledo.

Les dirigeants d’opposition anticipaient dimanche une « immense victoire » contre le président Nicolas Maduro, dans des discours optimistes prononcés à Caracas peu après la fermeture des bureaux de vote.

Au lieu de la dizaine de sièges espérée, l’opposition en a remporté cinq, soit trois de plus que précédemment, notamment dans les États des Andes de Merida et Achira, ainsi dans que la région pétrolière de Zulia.

Les socialistes ont repris le contrôle de l’État de Miranda, qui englobe une partie de la capitale Caracas, gagné par l’étoile montante du parti Hector Rodriguez, a annoncé la commission électorale. Le frère cadet d’Hugo Chavez, Argenis Chavez, a remporté le fief familial et rural de Barinas.

Le Parti socialiste du président Maduro contrôlait avant l’élection 20 des 23 États, mais les sondages laissaient présager une progression bien plus forte de l’opposition.

Une enquête d’opinion de l’institut Datanalisis créditait ainsi les opposants de 44,7% des suffrages exprimés contre 21,1% pour le parti au pouvoir.

Les résultats déjà contestés de dimanche laissent redouter une nouvelle vague de contestation, après des mois de manifestations de rue quasi quotidiennes et des troubles émaillés de graves violences qui ont fait jusqu’en juillet au moins 125 morts.

Le Venezuela, bien que riche en hydrocarbures, traverse depuis des années une profonde crise politique et sociale mais surtout économique, avec pénurie de biens de première nécessité et hyperinflation.

Obstacles

Pendant toute la campagne électorale, le gouvernement a utilisé sans compter les ressources publiques pour soutenir ses candidats, multiplié les références à Hugo Chavez et présenté le vote socialiste comme un vote pour la « paix », contre les « candidats de la violence ».

Le chef de l’État cherche notamment, dit-on dans les milieux politiques à Caracas, à confirmer par ce scrutin régional la primauté de l’Assemblée constituante, élue fin juillet et décriée par l’opposition et la majeure partie de la communauté internationale.

Les futurs gouverneurs, a-t-il ainsi prévenu, devront « prêter serment et se soumettre » à l’Assemblée constituante, au risque d’être destitués.

Le scrutin n’a pas été dénué de difficulté pour les opposants, des obstacles ayant notamment été dressés par la commission électorale proche du régime.

Deux cent bureaux de vote situés dans des régions favorables à l’opposition ont été déplacés, officiellement pour des questions de sécurité, et les noms de candidats d’opposition éliminés lors des primaires ont été maintenus sur les bulletins.

Au niveau technique, des pannes de courant, fréquentes dans le pays en crise, ont affecté certains bureaux de vote. Le gouvernement a assuré que les perturbations avaient été minimes.

Le président vénézuélien, qui est au pouvoir depuis 2013 et la mort de son mentor, Hugo Chavez, veut voir dans le vote le meilleur moyen d’avancer vers la paix sociale dans le pays.

« Dimanche, le peuple vénézuélien va voter pour la paix et pour dire à Donald Trump, avec chaque bulletin de vote, de ne pas se mêler des affaires du Venezuela, parce que les affaires du Venezuela, nous nous en occupons entre Vénézuéliens », a-t-il déclaré il y a quelques jours.

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Pieuvre.ca

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