Trump devrait déchirer l’accord iranien vendredi

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Donald Trump a prévu de s’exprimer vendredi en milieu de journée, probablement pour annoncer qu’il refuse de certifier l’accord conclu en juillet 2015 sur le programme nucléaire iranien qu’il a qualifié à plusieurs reprises de « pire qui soit ». Le président américain a prévu de faire son allocution à 12h45 à la Maison-Blanche. 

« Il est temps que le monde entier se joigne à nous pour exiger que le gouvernement iranien mette fin à sa quête de mort et de destruction », dit-il dans une déclaration diffusée par la Maison-Blanche.

Depuis son entrée en fonction, en janvier, Trump a accepté par deux fois de certifier cet accord, une démarche par laquelle le président américain informe tous les 90 jours le Congrès du respect par l’Iran des engagements pris sur le contrôle de son programme nucléaire.

Mais il considère que cet accord conclu entre la république islamique et le puissances du P5+1 (États-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, plus l’Allemagne), va à l’encontre des intérêts américains.

Une « non-certification » n’équivaudrait pas à un retrait de l’accord de Vienne mais constituerait un premier pas vers sa dénonciation par Washington. Le Congrès américain aurait alors 60 jours pour rétablir les sanctions prises contre Téhéran et assouplies en vertu de cette entente.

Cette décision aurait pour conséquence d’accroître la pression sur le président des États-Unis alors que les autres pays signataires, dont la France et la Grande-Bretagne, ont fait connaître leur soutien à l’accord.

Moscou et Berlin ont également averti Washington des conséquences d’une remise en question de cet accord longuement négocié – l’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne se sont engagées dès 2003 – et que les Européens considèrent comme l’un des rares succès de la diplomatie internationale au Moyen-Orient.

« C’est bien plus dangereux » que le retrait de l’accord de Paris sur le climat ordonné il y a quatre mois par Trump, estimait récemment l’Allemand Elmar Brok, expert en politique étrangère au Parlement européen et allié d’Angela Merkel.

Contenir Téhéran

La fragilisation, si ce n’est l’abandon du Plan d’action conjoint commun (JCPOA), la dénomination officielle de l’accord de Vienne, serait susceptible de relancer la course aux armements et la prolifération nucléaire, avec une Arabie saoudite qui s’oppose à l’expansion géopolitique de l’Iran dans la région et un Etat d’Israël qui considère la république islamique comme une menace pour sa propre existence.

« Incontestablement, cela nuira au climat de prévisibilité, de sécurité, de stabilité et de non-prolifération dans le monde entier », a souligné vendredi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Si les États-Unis sortent du JCPOA, cela marquera la fin de cet accord international et conduira sans doute à un désordre planétaire, a estimé Ali Larijani, le président du parlement iranien qui était en déplacement vendredi en Russie.

Des voix se sont même élevées au sein de l’administration américaine ou de la majorité républicaine au Congrès. « Malgré les défauts de cet accord, je suis convaincu que nous devons aujourd’hui l’appliquer à la lettre », a ainsi déclaré le président républicain de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, Ed Royce.

Les inspecteurs onusiens de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) estiment que l’Iran est en conformité avec l’accord. Mais Trump juge que Téhéran en viole l’esprit et que la république islamique n’a réduit ni son programme balistique ni son soutien financier et militaire au Hezbollah libanais et à d’autres mouvements chiites dans la région.

Le secrétaire général de la Maison-Blanche, John Kelly, a indiqué jeudi que la stratégie américaine était de contenir les activités de l’Iran au Moyen-Orient.

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Pieuvre.ca

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