Attentats en Grande-Bretagne: la police dénonce un manque d’effectifs

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Deux hauts responsables de la police britannique ont dénoncé vendredi les coupes budgétaires et la baisse de leurs effectifs face aux menaces terroristes. 

« À long terme, si nous continuons avec ce niveau d’alerte, ce qu’on nous annonce (…), ce n’est pas viable pour mon service de police », a déclaré Cressida Dick, la chef de la police londonienne, au micro de la radio LBC.

Un attentat à la bombe a fait 30 blessés dans une rame du métro de la capitale il y a une semaine, après quatre autres attaques terroristes depuis mars dernier en Grande-Bretagne qui ont fait 36 morts.

Six hommes ont été arrêtés dans l’enquête sur l’attentat de Parsons Green, dont deux ont été relâchés depuis.

La police britannique a officiellement inculpé vendredi l’un des quatre autres de tentative de meurtre et infraction à la loi sur les explosifs en relation avec l’attentat. Ahmed Hassan, qui est âgé de 18 ans, a été arrêté samedi matin dans la zone des départs du port de Douvres, d’où appareillent des ferries à destination de la France. Domicilié à Sunbury, dans la banlieue sud-ouest de Londres, où les enquêteurs ont mené des perquisitions, le jeune homme devait être présenté dans l’après-midi à un juge.

Cressida Dick a souligné que la bombe de la station Parsons Green aurait pu faire des dégâts considérables et que six autres projets d’attentats avaient été déjoués au cours des derniers mois. « C’était une bombe extrêmement dangereuse. Elle n’a que partiellement explosé. Elle contenait une grande quantité d’explosif et d’éclats. Les choses auraient donc pu être bien pires », a-t-elle dit.

Après Parsons Green, la ministre de l’Intérieur Amber Rudd a annoncé le déblocage de 24 millions de livres supplémentaires pour financer la lutte antiterroriste, en plus des 707 millions déjà annoncés pour l’exercice budgétaire 2017-2018.

Le gouvernement s’est engagé à augmenter les dépenses globales consacrées à la lutte antiterroriste de 3 milliards de livres.

Mais Sara Thornton, qui dirige le National Police Chiefs’ Council (NPCC), organe de coordination des forces de police, estime qu’une partie insuffisante de cette somme sera allouée aux agents de base.

Depuis l’arrivée au pouvoir des conservateurs en 2010 – l’actuelle première ministre Theresa May était alors ministre de l’Intérieur -, 20 000 postes de policiers ont été supprimés.

Sara Thornton écrit, dans une note postée sur le blog du NPCC, que les effectifs n’ont jamais été aussi faibles depuis 1985, alors que la criminalité a augmenté l’an passé de 10%.

« À chaque attentat, nous mobilisons des spécialistes et du personnel pour répondre mais la majorité des agents et du personnel viennent des forces régulières. Cela met à rude épreuve un service déjà sous pression », dit-elle.

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Pieuvre.ca

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