Pyongyang veut contourner les sanctions avec le Bitcoin

1

La Corée du Nord tente de voler des bitcoins et d’autres devises numériques pour éviter les sanctions internationales et financer le régime de Kim Jong-un, selon un nouveau rapport.

Comme le rapporte CNBC, le rapport en question, publié lundi par la firme de cybersécurité FireEye, révèle que des pirates nord-coréens ont ciblé au moins trois services sud-coréens d’échange de devises virtuelles dans le but de s’emparer des bitcoins et autres devises.

Toujours selon FireEye, les pirates se sont servis de procédés d’hameçonnage – une méthode frauduleuse consistant à envoyer des courriels maquillés pour passer pour des messages envoyés par des proches ou des contacts – et ont dispersé des logiciels malveillants pour obtenir illicitement de l’argent numérique.

Par le passé, des pirates liés à la Corée du Nord ont été accusés d’avoir employé des cyberattaques contre des banques.

FireEye a recensé des activités suspicieuses affectant les services d’échange pendant plusieurs mois. En avril, quatre portefeuilles numériques liés au service transactionnel Yapizon ont été compromis, mais ceux-ci n’ont pas pu être clairement liés à une implication nord-coréenne. Plus tard, en mai, la firme a surveillé une attaque malveillante qui a réussi à infiltrer un autre service.

Les gouvernements s’intéressent aux cryptodevises

Le bitcoin a vu sa valeur et sa popularité fortement grimper cette année, et la devise a atteint un prix record de 5103 $ US l’unité plus tôt ce mois-ci.

Mais c’est aussi une devise particulièrement volatile. Elle a cédé plus de 1000 $ US en trois jours après que la Chine eut décidé d’interdire les émissions de nouvelles monnaies numériques, qui permettent aux start-ups d’amasser des fonds en vendant justement des cryptodevises.

Lundi, le gouvernement chinois a donné un nouveau tour de vis, après qu’il eut été rapporté que les services d’échange de devises chinois seraient fermés par les autorités.

« Alors que les bitcoins et autres cryptodevises ont gagné en valeur au cours de la dernière année, les États commencent à porter attention au dossier », mentionne Luke McNamara, premier analyste en cybermenaces chez FireEye, dans le rapport.

Plusieurs gouvernements ont démontré un intérêt grandissant envers les cryptodevises, alors que celles-ci quittent les ombres des franges du web et sont davantage sous les projecteurs. En Estonie, d’ailleurs, l’État dit vouloir lancer sa propre devise, estcoin, via une émission numérique soutenue par le gouvernement.

De son côté, l’Australie a déposé un projet de loi qui ferait passer les fournisseurs de services d’échange de cryptodevises sous la houlette de son agence de renseignement financiers, dans une tentative de combattre le blanchiment d’argent et autres activités illicites.

« Conséquemment, cela ne devrait pas surprendre personne que les cryptodevises, en tant que catégorie de biens émergents, suscitent l’intérêt d’un régime qui fonctionne, sous bien des aspects, comme une entreprise criminelle », poursuit M. McNamara.

« Si, pour l’instant, la Corée du Nord fait un peu bande à part, autant dans sa volonté de commettre des crimes financiers que dans ses capacités en matière de cyberespionnage, l’aspect unique de cette combinaison ne durera probablement pas longtemps, alors que les cyberpuissances en devenir pourraient elles aussi y trouver leur compte. Les cybercriminels pourraient bientôt ne plus être les seuls joueurs dans ce domaine. »

Échapper aux sanctions

Le Conseil de sécurité des Nations unies a récemment approuvé une résolution visant à renforcer les sanctions contre la Corée du Nord.

Le pays subit une pression commerciale croissante à la suite de sa décision d’effectuer un tir de missile au-dessus du Japon, plus tôt ce mois-ci, et la détonation de ce qui a été présenté comme une bombe à hydrogène lors d’un essai souterrain.

Selon le rapport de FireEye, ces sanctions pourraient « contribuer » à l’intérêt nord-coréen envers les cryptodevises.

Toujours au dire de FireEye, le pays pourrait tenter d’obtenir des espèces sonnantes et trébuchantes en échange des devises virtuelles volées pour financer le régime.

Partagez

À propos du journaliste

Pieuvre.ca

Un commentaire

  1. Pingback: Un nouveau groupe de pirates nord-coréens entre en scène

Répondre