Le Venezuela encore paralysé par la grève

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L’opposition au Venezuela a lancé mercredi une nouvelle grève générale de 48 heures, pour amener le président Nicolas Maduro à renoncer à son projet d’assemblée constituante. 

Le pays a été paralysé une première fois jeudi dernier lors d’une grève nationale organisée pour obtenir la tenue d’une élection présidentielle anticipée et, dans l’immédiat, l’abandon de cette Constituante qui doit être élue dimanche prochain.

Le vote, a assuré le président Maduro, qui se présente comme le porte-drapeau « d’un socialisme du XXIe siècle », se tiendra dimanche comme prévu, en dépit des manifestations quasi quotidiennes de l’opposition et de la pression internationale. « On va paralyser le pays à partir de 06h00 (10h00 GMT) », promet pour sa part le député d’opposition Juan Requesens. « On a déjà montré à Nicolas Maduro et sa clique qu’on ne les aime pas, ici au Venezuela ou ailleurs dans le monde. »

La grève semblait moins suivie que celle de jeudi dernier, en particulier dans les quartiers ouvriers et les zones rurales, où le gouvernement bénéficie traditionnellement d’un plus fort soutien.

Beaucoup de Vénézuéliens, quelles que soient leurs opinions politiques, s’inquiètent des conséquences de cette nouvelle grève pour leur vie quotidienne, dans un pays déjà plongé dans une profonde crise économique.

« J’ai fermé la semaine dernière mais là, il faut que j’ouvre si je veux manger », a déclaré Isabel Fernandez, 36 ans, vendeuse de légumes sur le marché du quartier de Catia, à Caracas.

Guerre ou paix

Les entreprises publiques, dont le géant pétrolier PDVSA qui récolte 95% des recettes à l’exportation du pays, sont restées ouvertes. Les employés du public, 2,8 millions de personnes au total, ont interdiction de se mettre en grève. « Qui peut risquer son emploi dans des moments pareils? » déclarait Elio Jimenez, âgé de 40 ans, qui travaille dans une raffinerie sur la péninsule de Paraguana.

Depuis le début des troubles en avril, une centaine de personnes sont mortes lors de manifestations de rue, dont cinq durant la grève nationale de jeudi dernier.

Les détracteurs du chef de l’État l’accusent d’incompétence sur le plan économique et de dérive autocratique et s’opposent à son projet de réforme de la Constitution, y voyant un moyen déguisé de se maintenir à tout prix au pouvoir.

L’assemblée constituante, qui sera forte de 545 membres, pourrait en effet dissoudre le parlement, où l’opposition est majoritaire depuis décembre 2015.

L’Union européenne et plusieurs pays d’Amérique latine plaident pour la tenue d’élections législatives en bonne et due forme, au lieu de l’élection de cette Constituante. Les États-Unis ont menacé de prendre des « mesures économiques fortes et rapides », si Caracas s’en tient à ses projets.

Loin de céder à la pression internationale, le gouvernement a annoncé que 232.000 militaires seraient déployés pour assurer la sécurité du scrutin, que l’opposition appelle à boycotter.

Nicolas Maduro accuse ses détracteurs de fomenter un coup d’État similaire à celui de 2002, qui avait failli coûter le pouvoir à son prédécesseur et mentor Hugo Chavez, décédé en mars 2013. Il s’est dit prêt « à toutes les éventualités ». « Nous allons choisir entre la guerre et la paix, l’avenir et le passé, le pouvoir souverain du peuple et le coup d’État impérialiste de l’oligarchie « , a-t-il déclaré à des partisans mardi soir.

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Pieuvre.ca

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