Économie du partage: une start-up chinoise perd près de 300 000 parapluies

0

Alors que des entreprises de partage de vélos comme Mobike continuent de gagner en popularité dans les villes chinoises, quelques start-ups ont décidé d’imiter le concept avec des parapluies à partager. Le seul problème? La plupart des parapluies ont disparu.

Quelques semaines seulement après le début de ses activités dans 11 villes à travers le pays, Sharing E Umbrella a ainsi annoncé qu’elle avait perdu la quasi-totalité de ses 300 000 parapluies.

L’entreprise sise à Shenzhen a été lancée plus tôt cette année avec un capital de 10 millions de yuans. Le concept est similaire à celui utilisé avec succès par les services de partage de vélos. Les clients utilisent une application sur leur téléphone intelligent pour payer des frais de dépôt de 19 yuans pour un parapluie, qui coûte ensuite 19 jiaos pour chaque demi-heure d’utilisation. Un jiao vaut 1/10 de yuan.

Selon le South China Morning Post, le président de la compagnie Zhao Shuping a déclaré que l’idée lui était venue après avoir constaté la réussite des structures des services de partage de vélos, ce qui lui a fait réaliser que « tout peut maintenant être partagé ».

Un grand nombre d’entreprises ont tenté de tirer profit de cet engouement économique chinois. Des compagnies étrangères comme Uber et Airbnb ont réussi à poser le pied dans l’Empire du Milieu, mais leurs rivaux chinois, Didi Chuxing et Tujia, ont obtenu encore plus de succès.

Avec l’aide de portefeuilles mobiles et de numériseurs de codes barres, les citoyens chinois peuvent maintenant louer pratiquement n’importe quoi, des vélos aux ballons de basket, en passant par les chargeurs pour téléphones cellulaires. Naturellement, cela a amené plusieurs start-ups à entreprendre des expériences dans les centres urbains chinois. Certaines idées ont toutefois mieux réussi que d’autres.

Si Sharing E Umbrella a distribué leurs parapluies dans les gares de train et les arrêts d’autobus, ils se sont rapidement rendus compte qu’amener les gens à rapporter les objets loués serait un problème. « Les parapluies sont différents des vélos », indique M. Zhao. « Les vélos peuvent être stationnés n’importe où, mais avec un parapluie, vous avez besoin d’une barrière ou d’un balustrade pour l’y accrocher. »

Toujours au dire du quotidien, M. Zhao a conclu que l’endroit le plus sûr pour un parapluie serait au domicile du client, où l’objet serait en sécurité. Mais ces mêmes clients auraient alors passé outre la dernière étape – rapporter le parapluie -, choisissant plutôt de les garder chez eux.

Chaque parapluie perdu coûte 60 yuans à l’entreprise, mais le patron ne perd pas espoir. Il se préparerait supposément à distribuer quelque 30 millions de parapluies supplémentaires d’ici la fin de l’année.

Le site web Sixth Tone a pour sa part plus d’informations sur les déboires envisageables de Sharing E Umbrella, qui partage le marché niché des parapluies à louer avec pas moins de 14 concurrents. Pour un modèle d’affaires qui dépend de la pluie, engranger des profits stables s’avère plus complexe. La Chine reçoit la majorité de ses précipitations durant l’été, ce qui fait fortement baisser la demande durant les mois d’hiver plus secs. Pire encore, dans les régions régulièrement trempées par la pluie, les gens risquent tout simplement d’acheter leur propre parapluie.

Partagez

À propos du journaliste

Pieuvre.ca

Répondre