Les troupes kurdes libèrent des femmes esclaves de l’État islamique

1

Pendant trois années, Noura Khalaf a été l’esclave des combattants de l’État islamique. La jeune femme, appartenant à la minorité yazidie, a été enlevée dans son village de Kodjo en Irak, puis emmenée en Syrie où elle a été vendue à cinq reprises avant d’être libérée avec ses enfants la semaine passée.

Noura Khalaf, 24 ans, a été sauvée par une opération clandestine des peshmergas kurdes baptisée « la revanche des femmes du Sindjar », nom de cette région du nord-est de l’Irak qui abritait les membres de la petite communauté persécutée par les djihadistes.

Lorsqu’ils ont déferlé sur l’Irak à l’été 2014, ne rencontrant aucune résistance de la part de l’armée de Bagdad, les hommes en noir de Daech ont massacré les hommes et violé et réduit en esclavage des milliers de femmes de cette ethnie. Environ 3000 d’entre elles seraient toujours captives des djihadistes.

La milice kurde YPG (Unités de protection du peuple) et sa version féminine, la brigade YPJ, mènent depuis l’année dernière des actions clandestines afin de secourir ces femmes qui ont été déplacées d’Irak vers la Syrie.

Environ 200 femmes et enfants, originaires du nord de l’Irak, ont été libérés dans différentes régions syriennes jusqu’à présent, explique Nisreen Abdallah, chef de la milice YPJ, sans fournir plus de détails pour des raisons de sécurité.

L’opération « revanche des femmes du Sindjar » a été menée à la faveur de l’offensive des Forces démocratiques syriennes (FDS), alliance de combattants arabes et kurdes soutenue par les États-Unis, contre Rakka, le dernier bastion urbain de l’EI en Syrie. « Depuis, nous travaillons à libérer les femmes yazidies détenues par Daech », précise Nisreen Abdallah. Dans le cas de Noura Khalaf, les combattantes kurdes ont réussi à prendre contact avec elle et à mettre au point un « plan » pour la libérer saine et sauve.

Enlevée avec ses quatre enfants en 2014, Noura a d’abord été déplacée dans tout le nord de l’Irak, y compris à Mossoul, avec des dizaines d’autres compagnes d’infortune.

Problèmes psychologiques

Pendant un temps de sa captivité en Syrie, elle a été détenue dans une cellule souterraine à Rakka, puis emprisonnée à Palmyre. « Ils nous conduisaient à un marché clandestin sur lequel on vendait les femmes. Ils nous présentaient à des membres de l’Etat islamique et chacun choisissait la fille qui lui plaisait », raconte-t-elle. Ses geôliers l’obligeaient à faire le service et la cuisine, ils la frappaient et la violaient régulièrement.

Depuis un an, Noura vivait avec ses enfants dans la province d’Hama où elle était l’esclave d’un militant de Daech. La jeune femme a pu utiliser le téléphone portable que son ravisseur avait laissé à la maison pour contacter son frère qui a, alors, sollicité l’aide des miliciens YPG.

Cet appel salutaire, la jeune femme a pu le passer grâce à l’interdiction faite aux djihadistes d’emporter leur portable lorsqu’ils se rendent sur la ligne de front. Un homme devait prendre contact avec Noura afin de l’aider à s’enfuir en cachette. Un mot de passe avait été déterminé afin d’identifier son libérateur.

Transférée à Kamichli, ville syrienne contrôlée par les Kurdes, elle vit dans un foyer géré par un conseil de femmes et attend de rejoindre sa région d’origine dans le nord de l’Irak où elle retrouvera son frère.

Il y a deux mois, les miliciens kurdes ont libéré une fille de Noura âgée de sept ans qui avait été vendue près de Rakka. La fillette a été renvoyée dans sa famille dans le Sindjar. « Nous allons également transférer Noura via le conseil de femmes. Elle va retrouver sa fille », dit Nisreen Abdallah. « Les femmes qui ont été libérées souffrent de troubles psychologiques et ont besoin de soins », conclut-elle.

Partagez

À propos du journaliste

Pieuvre.ca

Un commentaire

  1. Pingback: Malgré les reculs, l’État islamique demeure dangereux, dit l’ONU

Répondre