Les Tories britanniques perdent leur majorité, Theresa May s’accroche

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Theresa May a demandé vendredi la permission à la reine Elizabeth de former le prochain gouvernement britannique malgré le désaveu enregistré par le Parti conservateur aux élections législatives jeudi, à quelques jours du début des négociations officielles sur le Brexit.

La première ministre avait convoqué ce scrutin anticipé dans le but de pouvoir renforcer la majorité absolue dont elle disposait au Parlement après les législatives de 2015 et se donner ainsi les coudées franches dans les négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, qui doivent commencer le 19 juin.

Mais, au terme d’une nuit électorale à suspense, une opposition travailliste renaissante l’a privée d’une victoire pleine et entière en lui faisant perdre la majorité absolue à la Chambre des communes.

Son adversaire travailliste Jeremy Corbyn a estimé qu’elle devait démissionner et indiqué que l’opposition travailliste était prête à constituer un gouvernement minoritaire. Il a également estimé que les négociations sur le Brexit devaient s’enclencher comme prévu.

Theresa May, dont le Parti conservateur a néanmoins remporté le plus grand nombre de sièges à la Chambre des Communes, a déclaré qu’elle utiliserait son droit d’essayer en premier de former un gouvernement.

Après attribution de 649 des 650 sièges de la Chambre des communes, les Tories ont remporté 318 sièges, alors que 326 sont nécessaires pour disposer d’une majorité absolue. Ils en avaient 330 dans l’assemblée sortante. Le Labour a remporté 261 sièges, un score inespéré il y a encore quelques semaines.

Pas de coalition

Selon la chaîne de télévision Sky News, le Parti unioniste démocrate (DUP, protestant) d’Irlande du Nord, qui a remporté dix sièges, apporterait son soutien à Theresa May. Le DUP s’est refusé à tout commentaire.

Selon Sky News, le DUP apporterait un soutien sans participation à un gouvernement conservateur minoritaire. Il n’y aurait donc pas de constitution formelle d’une coalition. « Si (…) le Parti conservateur a remporté le plus de sièges et probablement le plus grand nombre de voix, il nous incombera de faire en sorte que nous ayons cette période de stabilité et c’est ce que nous ferons », a déclaré Theresa May après avoir été réélue dans sa circonscription de Maidenhead près de Londres.

Après avoir lui aussi été réélu dans le nord de Londres, Jeremy Corbyn, dont le Labour était distancé de 20 points dans les sondages lorsque ce scrutin anticipé a été convoqué le 18 avril, a de son côté dit sa « fierté » devant ce résultat « chargé d’espoir ».

« Les gens en ont assez des politiques d’austérité et des coupes dans les services publics », a commenté le dirigeant travailliste, en jugeant que le temps de Theresa May était « terminé ».

« Le mandat qu’elle a eu ce sont des sièges conservateurs perdus, des voix perdues, un soutien perdu et une confiance perdue », a déclaré Jeremy Corbyn. « Pour moi, cela voudrait dire que c’est suffisant pour partir et laisser la place à un gouvernement qui sera véritablement représentatif de tous les gens de ce pays. »

Priorité: emploi

Prié de dire si les négociations en vue du Brexit devaient être reportées, Corbyn a déclaré sur Sky News: « Il va falloir qu’elles commencent parce que l’article 50 (du traité européen NDLR) a été invoqué. Le gouvernement qui sera en fonction dans 11 jours devra mener ces négociations sur le Brexit. » « Notre position est très claire, nous voulons un Brexit qui mette l’emploi en premier. De ce fait, la chose la plus importante est un accord commercial avec l’Europe », a-t-il ajouté. »

Le Labour aurait lui aussi des alliés potentiels pour former un gouvernement minoritaire, notamment le Parti national écossais (SNP) de Nicola Sturgeon qui a subi un gros revers électoral mais conserve néanmoins la majorité des sièges écossais (35).

Nicola Sturgeon, qui est également la première ministre écossaise, a estimé que Theresa May avait perdu « toute autorité et toute crédibilité ».

Dans ce contexte d’incertitude, la livre sterling a perdu du terrain mais la Bourse de Londres était en hausse à la mi-journée.

L’Union européenne s’est montrée prudente dans sa réaction. Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires Pierre Moscovici a estimé que la contre-performance des conservateurs « ne sera pas sans impact » sur les négociations du Brexit. et Le négociateur en chef pour le Brexit Michel Barnier a estimé que le calendrier était clair mais que les négociations sur le divorce ne devraient commencer que quand le Royaume-Uni serait prêt.

Le scrutin a par ailleurs marqué un effondrement du Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (Ukip), promoteur historique de la sortie de l’UE, qui n’obtient aucun siège.

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Pieuvre.ca

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