Comey à Trump: « Vous mentez »

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L’ex-directeur du FBI James Comey a accusé jeudi le président Donald Trump de l’avoir limogé en vue de nuire à l’enquête sur une possible ingérence de la Russie dans la campagne présidentielle américaine de 2016.

Dans une audtion publique très attendue devant la commission du Renseignement du Sénat américain, James Comey a en outre reproché à l’administration Trump de l’avoir calomnié, lui et le FBI, après son brusque renvoi il y a un mois.

Et il s’est dit perturbé par les tentatives déployées par Donald Trump pour obtenir de lui qu’il abandonne une enquête du FBI sur son ex-conseiller à la sécurité nationale.

Mais l’ancien chef du Bureau fédéral d’investigation n’a pas en revanche dit s’il pensait que le président des Etats-Unis avait commis une entrave à la justice.Et, durant une audition de deux heures et demie retransmise en direct sur toutes les chaînes de télévision, il n’a fait aucune véritable révélation, reprenant notamment dans une déclaration liminaire des éléments publiés la veille.

Indication

James Comey y faisait état d’une rencontre avec Donald Trump le 14 février lors de laquelle il lui avait demandé d’arrêter l’enquête du FBI sur son ex-conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn, qui avait démissionné la veille.

L’enquête du FBI sur Michel Flynn s’inscrivait dans le cadre de celle plus générale sur l’ingérence russe.

Interrogé sur ce point, James Comey a dit que Donald Trump n’avait pas tenté de lui faire arrêter toute l’enquête sur la Russie mais simplement la partie relative à Michael Flynn.

Il ne s’agissait pas d’un « ordre » en bonne et due forme, a-t-il déclaré, mais plutôt d’un « indication ». « Je l’ai pris comme : ‘c’est ce qu’il veut que je fasse’. Je n’ai pas obéi mais c’est comme cela que je l’ai interprété. » « Je sais que j’ai été limogé en raison de quelque chose dans la manière où je menais l’enquête sur la Russie, ça lui mettait de la pression, d’une certaine manière ça l’irritait, et il a décidé de me renvoyer à cause de cela ».

Le président républicain a déclenché une tempête politique le 9 mai en limogeant James Comey. Les démocrates ont accusé le chef de la Maison blanche d’essayer de brider l’enquête de la police jédérale sur des soupçons d’ingérence de la Russie.

Plusieurs commissions parlementaires, ainsi que le FBI et le procureur spécial Robert Mueller, nommé le 17 mai par le ministère de la Justice, tentent de faire le jour sur ces accusations d’ingérence russe, démenties tant par l’administration Trump que par le Kremlin.

Mensonge

James Comey ne s’est pas prononcé jeudi sur la qualification de l’intervention du président. « Je ne pense pas que ce soit à moi de dire si la conversation que j’ai eue avec le président était une tentative d’obstruction. Je l’ai perçue comme quelque chose de très perturbant, de très préoccupant », a déclaré James Comey. « Mais c’est une conclusion sur laquelle le procureur spécial travaillera pour tenter de comprendre quelle était l’intention et s’il s’agissait d’un délit ».

Certains experts juridiques estiment que le témoignage de James Comey pourrait renforcer les arguments des partisans d’une destitution du président devant le Congrès pour cause d’obstruction à la justice.

Dans sa déposition, l’ancien patron du FBI a accusé l’administration Trump d’avoir tenu des propos diffamatoires à son encontre. « Bien que la loi ne mentionne aucune raison particulière pour renvoyer le directeur du FBI, l’administration a alors choisi de me calomnier, (moi et) le FBI en disant que cette organisation était en plein désarroi, que le personnel avait perdu confiance en son dirigeant », a-t-il dit. « Il s’agissait de mensonges, purs et simples ». James Comey avait été nommé à la tête du FBI en 2013 sous Barack Obama pour une durée de dix ans.

Donald Trump n’a pas répondu directement jeudi aux accusations de James Comey. Lors d’une réunion avec des partisans à Washington, il a estimé être « assiégé » mais a promis de se battre et d’en sortir victorieux « et plus fort encore ». À l’issue de l’audition, son avocat, Marc Kasowitz, a assuré que le président n’avait jamais exigé de l’ancien patron du FBI sa « loyauté ».

Il a critiqué le fait qu’il ait révélé le contenu de conversations privées, estimant qu’il appartiendrait aux « autorités compétentes » de déterminer si ces éléments devaient faire l’objet de poursuites.

L’ancien directeur du FBI a expliqué qu’il avait gardé des notes de ses entretiens avec Donald Trump parce qu’il craignait que ce dernier ne mente sur la nature de ces conversations. « J’ai pensé qu’il était vraiment important d’en conserver la trace », a-t-il confié.

Il a dit ignorer s’il y avait des enregistrements de ses entretiens avec Donald Trump, ajoutant qu’il l’espérait et qu’ils devaient être rendus publics. « Publiez tous les enregistrements. Ça me va », a-t-il assuré.

Trump réagit

Fidèle à son habitude, le président américain a réagi au témoignage de l’ancien directeur du FBI via Twitter, après 24 heures d’un étonnant silence médiatique sur le réseau social.

Donald Trump a ainsi jugé vendredi que M. Comey  était un « fuiteur ».

Le chef de la Maison blanche a utilisé cette expression dans
un tweet envoyé vendredi matin, son premier commentaire direct
après l’audition de l’ex-patron du FBI.

Donald Trump, avec ce mot, a paru reprendre l’argumentation de son avocat Marc Kasowitz qui a critiqué jeudi soir le fait que James Comey ait révélé le contenu de conversations privées entre lui et le président. Il a estimé qu’il appartiendrait aux « autorités compétentes » de déterminer si ces éléments devaient faire l’objet de poursuites.

James Comey a expliqué qu’il avait gardé des notes de ses
entretiens avec Donald Trump parce qu’il craignait que ce dernier ne mente sur la nature de ces conversations.

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Pieuvre.ca

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