Un festival indien a « détruit » une rivière pour au moins 10 ans

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Un groupe d’experts nommé par la principale agence indienne de protection de l’environnement a annoncé que les dégâts provoqués par la tenue d’un festival culturel sur les berges de la rivière Yamuna, il y a un ans, nécessiteraient au moins une décennie pour être corrigés.

Le groupe mis sur pied par le Tribunal vert national après le Art of Living Foundation’s World Culture Festival a indiqué mercredi que la restauration des berges de la rivière coûterait quelque 420 millions de roupies (8,6 millions $ canadiens). La construction de routes, de rampes et d’une grande scène en vue du spectacle de trois jours aurait endommagé de vastes pans des plaines inondables bordant la rivière.

Le premier ministre Narendra Modi et de hauts responsables du gouvernement ont participé au festival organisé par l’important leader spirituel hindou Sri Sri Ravi Shankar, et ce malgré des critiques de la part de militants environnementaux à propos de dégâts aux rives. Le festival tenu pour les 35 ans de la Art of Living Foundation a attiré quelque 3,5 millions de visiteurs, qui se sont déplacés pour venir voir des milliers de chanteurs, danseurs et autres artistes.

Des gens ont déposé des plaintes auprès du tribunal presque immédiatement après le début de la construction, mais la grande partie des dégâts avaient déjà été provoqués et le tribunal a permis aux organisateurs d’aller de l’avant avec l’événement. Il a toutefois imposé une amende immédiate de 50 millions de roupies.

Par la suite, le chien de garde environnemental a mis sur pied le groupe de réflexion, formé d’ingénieurs environnementaux et d’experts en biodiversité pour évaluer les impacts du festival. Dans leur rapport, les experts mentionnent que la zone comprenant environ 170 hectares avait été « complètement » détruite, et non pas seulement endommagée.

« Le sol est maintenant entière aplani, compacté et durci, et ne contient plus aucun plan d’eau ou dépression, et ne compte pratiquement plus de végétation », a fait savoir le groupe.

La Yamuna est l’un des principaux affluents du Gange.

La fondation a rejeté les conclusions du groupe, les qualifiant de biaisées. L’organisme est une « ONG responsable et sensible aux questions environnementales » qui a constamment travaillé pour protéger et restaurer l’environnement, a indiqué Kedar Desai, un porte-parole.

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Pieuvre.ca

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