Pas question de « régler » la question nord-coréenne par la force, dit Pékin

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La force militaire ne peut pas venir à bout des tensions en Corée du Nord, a déclaré la Chine, jeudi, tandis qu’un important quotidien chinois a pressé Pyongyang de stopper son programme nucléaire en échange d’une protection par Pékin.

Alors qu’un porte-avions américain se dirige vers la région et que les tensions sont à la hausse, la Corée du Sud a dit croire que les États-Unis la consulterait avant toute frappe préventive contre le Nord.

Les craintes se multiplient à l’idée que le régime ermite du nord pourrait bientôt mener son sixième test nucléaire, ou effectuer davantage de tirs de missiles, à l’encontre des sanctions onusiennes et de vifs avertissements américains à l’effet que la politique de la patience avait pris fin.

La Chine, le seul allié d’importance de la Corée du Nord, qui s’oppose malgré tout au programme d’armement de Pyongyang, a réclamé des négociations pour mener à une sortie de crise pacifique et à la dénucléarisation de la péninsule coréenne, rapporte Al-Jazira.

« La force militaire ne peut résoudre ce problème », a déclaré le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi, lors d’une mêlée de presse à Pékin. « Dans toute crise, il y a des opportunités. À travers les tensions, nous découvrirons également la possibilité de revenir à la table des négociations. »

Si le président américain Donald Trump a envoyé un avertissement à la Corée du Nord, à l’effet qu’il ne tolérerait pas de provocation, des responsables américains ont indiqué que Washington articulait sa stratégie autour de sanctions économiques plus sévères.

M. Trump a toutefois envoyé le groupe de bataille du porte-avions USS Carl Vinson vers la péninsule coréenne, un changement de trajectoire qui nécessitera peut-être plus d’une semaine de voyage.

Selon M. Wang, l’histoire se souviendra de quelque instigateur que ce soit. « Peu importe qui force l’enveniment de la situation, quiconque continue de semer la pagaille, il devra assumer sa responsabilité historique », a-t-il dit.

De son côté, son homologue sud-coréen, Yun Byung-se, a déclaré devant le Parlement, à Séoul, qu’il croyait que Washington consulterait si la Maison-Blanche envisageait une frappe préventive. Les États-Unis comptent environ 28 500 hommes stationnés en Corée du Sud.

38 North, un groupe de réflexion installé à Washington qui surveille la Corée du Nord, estime que des images satellites diffusées mercredi révèlent une activité autour du site d’essai nucléaire de Punggye-ri, sur la côte est du pays, ce qui pourrait indiquer que le régime de Kim Jong-un se prépare à un nouveau test.

Des responsables sud-coréens soulignent de leur côté qu’il n’y avait pas de nouvelle indication soutenant la thèse d’un test à venir, bien qu’ils aient aussi mentionné que Pyongyang était prête à mener un essai à tout moment.

De son côté, un important journal chinois a publié que la meilleure option, pour le Nord et son leader, était d’abandonner leur programme nucléaire, et que la Chine protégerait le pays si tel était le cas. « Dès que la Corée du Nord respectera les conseils de la Chine et suspendra ses activités nucléaires… la Chine travaillera activement à assurer la sécurité de la nation et du régime nord-coréens dénucléarisés », peut-on ainsi lire dans l’éditorial du Global Times, qui est publié par le Quotidien du peuple, l’organe de presse officiel du Parti communiste.

Au Japon, le premier ministre a alimenté les craintes par rapport aux menaces nord-coréennes, déclarant au parlement que Pyongyang pourrait posséder la capacité de lancer des missiles équipés de gaz sarin, une puissante arme neurologique.

Un important diplomate japonais a fait savoir que les États-Unis appliquaient une « pression maximale » sur la Corée du Nord pour résoudre la crise de façon pacifique, tout en plaçant le fardeau de la preuve sur la Chine, pour que Pékin fasse « bouger » son vieil allié.

« Nous observerons ce que la Chine va faire », a dit le diplomate.

Tokyo s’attend elle aussi à être consultée par les États-Unis si Washington décide d’attaquer. La Corée du Nord possède environ 350 missiles pouvant frapper l’archipel nippon.

Mardi, la Corée du Nord a menacé les États-Unis d’une attaque nucléaire en cas de signe d’agression américaine. Le Nord est techniquement en guerre avec les États-Unis et la Corée du Sud après que la Guerre de Corée eut pris fin avec une trêve, et pas un accord de paix, en 1953. Le Nord menace régulièrement de détruire les deux pays.

M. Trump et le président chinois Xi Jinping se sont entretenus par téléphone, mercredi, quelques jours seulement après une première rencontre aux États-Unis, soulignant d’autant le sentiment d’urgence à propos de la Corée du Nord.

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Pieuvre.ca

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