Trump le barbare

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Coupes à blanc dans la protection environnementale, très importants crédits d’impôts envisagés pour les plus riches, nomination de conseillers et de ministres apparemment tous aussi ultraconservateurs et incompétents les uns que les autres… Il aura fallu moins de deux mois au président Donald Trump pour ternir durablement la réputation américaine et saccager l’American Way of Life.

Si les États-Unis n’ont jamais été blancs comme neige, voilà que cet homme d’affaires aux pratiques plus que douteuses et à la propension aux agressions sexuelles lève le voile sur une Amérique extrêmement chauvine, raciste, xénophobe et autodestructrice. Plus rien ne compte, à l’exception des canons et de la protection de l’argent des riches. Pas même la vérité.

Dans sa Maison-Blanche, où l’on imagine des rideaux couleurs or défigurer le Bureau ovale, ce président de pacotille s’acharne à réduire en bouillie le filet social américain, filet qui comportait déjà plusieurs trous béants. Le tout aidé par un collection d’hommes tous plus incompétents (et potentiellement dangereux) les uns que les autres. En fait, il est faux d’affirmer que l’ensemble du cabinet Trump est incompétent. Rendons à Steve Bannon ce qui lui appartient: cet ancien patron du site de « nouvelles » d’extrême-droite Breitbart est d’une efficacité redoutable. Mais l’homme s’est lui-même décrit comme un émule de Lénine visant à « casser le système ». Et à voir la vitesse à laquelle le président détricote le tissu social chez nos voisins du Sud, le système est bel et bien en train d’être démoli.

Aurait-on pu imaginer qu’un homme d’affaires fort probablement magouilleur serait élu président sur la base d’affirmations racistes et xénophobes, avec une plateforme économique ridicule, et en profiterait ensuite pour tomber dans le népotisme le plus primaire en installant sa famille dans des postes à la Maison-Blanche, pour condamner à la ruine les gens même qui ont voté pour lui, et pour faire craindre l’éclatement de la Troisième Guerre mondiale?

Moins de deux mois après avoir prêté serment, Trump a réussi le tour de force de ne même plus faire réagir lorsqu’il multiplie les mensonges sur Twitter. Elle est bien loin l’époque où Mitt Romney parlait de ses « binders full of women ». Aujourd’hui, on attrape la femme par la chatte, et basta! Direction la Maison-Blanche.

Les États-Unis ont-ils besoin d’un an de purge à la Trump? Ou, à tout le moins, de quelques mois pendant lesquels ils seront confrontés à ces verrues purulentes qui prolifèrent en secret, dans l’ombre d’une société supposément idéale, l’endroit où tous les rêves peuvent techniquement se réaliser, du moment que l’on mette la main à la pâte? Histoire de bien crever l’abcès et de forcer une grande réconciliation nationale après huit ans de présidence Obama, où les choses ont secrètement empiré.

Il a fort à parier que la patience des dirigeants étrangers envers The Donald sera de courte durée, si elle n’est pas déjà épuisée. L’Europe, le Canada, le Mexique, le Japon, la Corée du Sud, même l’Océanie… tous ont une responsabilité historique et devront se serrer les coudes pour occuper l’espace géopolitique et économique que ne manqueront pas de libérer des États-Unis dans la tourmente. La Russie et la Chine profitent déjà du chaos pour avancer leurs pions, et en attendant que la clique présidentielle soit destituée ou emprisonnée pour collusion avec Moscou, il n’est aucunement souhaitable que des régimes encore pire que la dystopie orange s’imposent comme les nouvelles superpuissances.

Le fou du roi fait bien rigoler lorsqu’il cumule les pitreries, seul dans son coin. Mais s’il remplace soudainement le monarque, c’est signe que quelque chose ne va pas dans le royaume.

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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