Aura-t-on bientôt 111 planètes de plus dans le système solaire?

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Une équipe de chercheurs désirant redonner son titre de planète à Pluton a lancé mardi une campagne visant à élargir les normes de classification astronomique qui avaient mené à la désignation de la planète des morts en tant que planète naine, il y a une décennie.

Six scientifiques d’institutions un peu partout aux États-Unis ont argué que Pluton mérite d’être une planète à part entière, aux côtés de quelque 110 autres corps célestes situés dans le système solaire, y compris la lune terrestre.

Dans une étude présentée lors d’une conférence internationale sur la science planétaire au Texas, les scientifiques ont expliqué que les propriétés géologiques, telles que la forme et les caractéristiques de surface, devraient déterminer ce qui constitue une planète.

En 2006, l’Union astronomique internationale, peinant à s’entendre sur la façon de classifier un nouveau corps céleste glacé découvert au-delà de Pluton, a adopté une définition pour une planète en s’appuyant sur des caractéristiques comprenant l’acte de libérer son tracé orbital des débris spatiaux.

Pluton et son collègue nouvellement découvert dans la distante région de la ceinture de Kuiper ont été renommés planètes naines, en compagnie de Cérès, l’objet le plus imposant dans la ceinture d’astéroïdes entre Mars et Jupiter. Cette décision a ramené à huit le nombre de planètes du système solaire.

Mais cette définition passe outre les intérêts en matière de recherche de la plupart des scientifiques spécialisés en étude des planètes, indique le principal auteur de l’étude, Kirby Runyon, candidat au doctorat à l’Université John Hopkins.

M. Runyon indique que des collègues et lui-même sont davantage intéressés dans les caractéristiques physiques d’une planète, telle sa forme et si elle possède des montagnes, des océans et une atmosphère. « Si vous vous intéressez aux propriétés intrinsèques d’un monde, alors la définition de l’UAI ne vaut rien », explique-t-il au téléphone.

M. Runyon et ses collègues arguent que l’UAI ne dispose pas de l’autorité pour définir une planète. « C’est un moment idéal pour éduquer le public en matière de litératie scientifique, ainsi que pour expliquer comment les scientifiques effectuent leur travail », ajoute-t-il. « Et cela ne se fait pas en disant « d’accord, entendons-nous sur une chose ». Ce n’est pas du tout comme ça que la science fonctionne. »

Le groupe de M. Runyon fait pression en faveur d’un système de sous-classification, de façon similaire à la méthode hiérarchique en biologie. Cette approche catégoriserait la lune terrestre comme une forme de planète.

Cette idée irrite Mike Brown, astronome au California Institute of Technology, qui a découvert l’objet de la ceinture de Kuiper qui a provoqué l’expulsion de Pluton du club des planètes. « Il faut vraiment porter des œillères pour ne pas regarder le système solaire et voir les grandes différences entre les huit planètes, avec leur orbite sécuritaire, puis les millions et millions de petits corps célestes qui circulent entre les planètes et qui sont affectés par ces dernières », écrit-il dans un courriel.

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Pieuvre.ca

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