Les républicains dévoilent leur plan « anti-Obamacare » sous le feu des critiques

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Pieuvre.ca

Le plan de démantèlement du programme de santé « Obamacare », attendu depuis belle lurette aux États-Unis, a été dévoilé lundi par les républicains au pays de l’Oncle Sam. Ceux-ci ont appelé à la fin des mandats d’assurance-santé et au retrait du financement supplémentaire destiné aux soins de santé offerts aux pauvres dans une proposition qui a immédiatement suscité les vives critiques des démocrates.

Dans le cadre d’une bataille faisant rage depuis l’adoption, en 2010, de l’Affordable Care Act, la réforme domestique majeure du président démocrate Barack Obama, les républicains – y compris l’actuel président Donald Trump – se sont engagés depuis longtemps à annuler et remplacer cette loi. Mais, pendant des années, ils se sont avérés incapable de parvenir à un consensus pour offrir une alternative.

Alors qu’une proposition est maintenant déposée, l’avenir du plan demeure incertain, et ce malgré des majorités républicains à la Chambre des représentants comme au Sénat. Impossible de connaître, également, la position du président dans ce dossier.

« Aujourd’hui, nous franchissons une importante étape pour redonner choix et prix abordables aux Américains en matière de santé », a fait savoir la Maison-Blanche par voie de communiqué, avant d’ajouter que M. Trump désirait travailler avec le Congrès pour remplacer Obamacare.

Les républicains considèrent ce programme comme une intervention gouvernementale dépassant les pouvoirs de l’État fédéral. Pour Trump, c’est « un désastre », tout simplement.

Les détracteurs d’Obamacare ont entre autres dénoncé la pénalité instaurée par la loi envers ceux qui refusent d’acheter une assurance. La proposition républicaine fait immédiatement disparaître cette disposition.

De leur côté, les démocrates au Congrès ont décrié le plan républicain, affirmant que celui-ci nuirait aux Américains en les obligeant à payer davantage pour obtenir des soins de santé, tout cela pour le bénéfice des compagnies d’assurance.

Obamacare est d’ailleurs populaire dans plusieurs États, même dans des États sous contrôle républicain. Le programme a permis à environ 20 millions de personnes d’obtenir enfin un assurance-santé, bien que la hausse des primes ait fortement dérangé plusieurs personnes.

Environ la moitié des personnes nouvellement assurées ont obtenu celle-ci via une expansion du programme Medicaid destiné aux personnes moins bien nanties. La proposition républicaine ferait disparaître ladite expansion en date du 1er 2020, et imposerait un plafond financier à Medicaid après cette date.

Tout juste avant le dévoilement du plan, quatre républicains modérés du Sénat ont collectivement manifesté leur inquiétude à propos d’une précédente version du plan qui ne protégerait pas adéquatement les gens ayant obtenu une couverture médicale en vertu de Medicaid, soulevant des doutes à propos du futur du projet de loi au Sénat.

La nouvelle proposition protégerait toutefois deux des dispositions les plus populaires d’Obamacare. Les assureurs n’auraient toujours pas droit de refuser de couvrir ou de surfacturer des gens possédant des prédispositions médicales, et les adultes âgés de 26 maximum pourraient demeurer inscrits sur la police d’assurance de leurs parents. Le président Trump est depuis longtemps en faveur de ces deux aspects.

« Insuffisant »

Le coût total du plan républicain, un aspect essentiel alors que l’État fédéral est fortement dans le rouge, n’est pas encore connu, ont indiqué des conseillers républicains. Deux comités de la Chambre auront ensuite le mandat d’étudier le plan.

Pour Craig Garthwaite, de la Northwestern University, les offres de crédits d’impôts, allant de 2000 $ US à 4000 $ US, ne « seraient franchement pas suffisants pour qu’une personne pauvre puisse se payer une assurance ».

Aux yeux des républicains, le projet de loi donnerait aux Américains la flexibilité nécessaire pour effectuer leurs propres choix en matière de santé, libérés des contraintes de l’Obamacare en la matière. « Notre projet de loi prend le pouvoir de Washington et le redonne au peuple américain », a fait savoir un responsable républicain de la Chambre par voie de communiqué.

Chez les démocrates, le leader de la minorité au Sénat, Chuck Schumer, a rétorqué que « Trumpcare ne remplace pas l’Affordable Care Act, il force plutôt des millions d’Américains à payer davantage pour recevoir moins de soins ».

Enfin, un groupe hospitalier a fait connaître sa déception à propos du fait que les législateurs soient prêts à envisager d’adopter cette mesure sans même en connaître le coût, ni comment cela affectera la couverture médicale. La proposition pourrait ainsi « imposer un lourd fardeau sur le filet social en réduisant, avec le temps, le soutien fédéral à l’expansion de Medicaid et en imposant des quotas au programme », a fait savoir le groupe America’s Essential Hospitals, qui représente des hôpitaux qui offrent des soins aux pauvres et aux gens sans assurance.

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