Moscou et Kiev s’accusent de torpiller la paix

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Pieuvre.ca

Moscou et Kiev se sont mutuellement imputé mardi la responsabilité du regain de tensions observé ces derniers jours dans l’est de l’Ukraine, théâtre des accrochages les plus meurtriers depuis la mi-décembre.

Les combats se sont déroulés dans la ville industrielle d’Avdiyivka, sous contrôle gouvernemental. Les deux camps s’accusent d’avoir déclenché ces nouvelles hostilités en violation des accords de cessez-le-feu de Minsk de février 2015.

D’après les autorités de Kiev, huit soldats ukrainiens ont été tués et 26 autres blessés depuis que les combats se sont intensifiés, dans la journée de dimanche.

« L’escalade en cours dans le Donbass est une indication claire du mépris flagrant dans lequel la Russie tient ses engagements liés aux accords de Minsk et ce, dans l’objectif d’empêcher toute stabilisation de la situation et tout progrès dans les domaines de la sécurité et de l’humanitaire », a dénoncé le ministère ukrainien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Le Kremlin a accusé pour sa part les forces ukrainiennes d’avoir lancé une attaque contre les séparatistes du Donbass.

Lors d’une téléconférence avec des journalistes, le porte-parole de la présidence russe Dmitri Peskov a ajouté que la Russie était extrêmement préoccupée par cette initiative armée. « Nous regrettons qu’en conséquence de cette attaque (…), des gens aient été tués des deux côtés », a dit Peskov. « De telles actions agressives soutenues par les forces armées ukrainiennes sabordent les objectifs et la mise en oeuvre des accords de Minsk. »

Dmitri Peskov a déclaré que l’attaque avait été repoussée par les rebelles et a accusé Kiev d’avoir organisé cette offensive pour tenter de faire oublier des problèmes de politique intérieure.

Le ministère russe des Affaires étrangères a affirmé dans l’après-midi que l’est de l’Ukraine était « au bord d’une catastrophe humanitaire et écologique ».

Ces accrochages sont sans précédent depuis l’investiture, le 20 janvier dernier, de Donald Trump. Le 45e président des États-Unis a inquiété les autorités ukrainiennes par ses appels répétés à une amélioration des relations entre Washington et Moscou.

Les autorités ukrainiennes se disent par ailleurs prêtes à évacuer les 16 000 habitants d’Avdiyivka, où plusieurs quartiers sont désormais privés d’électricité et d’eau courante à la suite de la destruction des infrastructures par des bombardements séparatistes.

« Les hostilités continuent et la population commence à perdre espoir », a commenté la délégation en Ukraine du Comité international de la Croix-Rouge, soulignant que la température descend jusqu’à -18°C en ce moment à Avdiyivka.

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