« Blocage des musulmans »: les Américains manifestent pour une deuxième journée

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Des dizaines de milliers de manifestants se sont rassemblés dimanche dans des grandes villes et des aéroports américains pour protester contre le décret suspendant l’entrée des ressortissants de sept pays à majorité musulmane, signé vendredi par Donald Trump.

Après une première vague de manifestations spontanées samedi dans les aéroports alors que les agents de l’immigration commençaient à appliquer le décret présidentiel, de nouveaux rassemblements ont eu lieu dimanche à New York, Washington et Boston et continuaient de s’étendre dans l’ouest des États-Unis. Des centaines de personnes ont été arrêtées ou expulsées à leur arrivée dans des aéroports américains depuis vendredi.

Le décret signé par Donald Trump interdit pendant quatre mois l’entrée des réfugiés aux Etats-Unis et suspend pendant au moins 90 jours l’arrivée de voyageurs originaires de sept pays musulmans dont la Syrie.

À New York, où se tenait dimanche l’un des plus grands rassemblements, les manifestants se sont réunis à Battery Park, dans le sud de Manhattan, d’où l’on peut apercevoir la Statue de la liberté, symbole d’une Amérique terre d’accueil.

Le sénateur démocrate de New York Charles Schumer y a condamné un décret contraire aux valeurs des États-Unis. « Nous parlons de la vie et de la mort de tant de personnes », a-t-il déclaré. « Je n’aurais pas de cesse que ces horribles décrets soient abrogés », a-t-il ajouté.

Au plus fort de la manifestation, environ 10 000 personnes
se sont mises en marche vers le bureau du service des douanes et
de la protection des frontières, dans le bas de Manhattan.

« Honte! »

À Washington, des milliers de personnes ont investi Lafayette Square en chantant: « Pas de haine, pas de peur, les réfugiés sont les bienvenus ici. »

Environ 8000 manifestants sont arrivés devant le Capitole, selon la police, après un passage devant le Trump International Hotel, où ils ont crié: « Honte, honte, honte ».

Le passage devant l’ambassade canadienne a lui été égayé de messages favorables au premier ministre canadien (« Hé ho, j’aimerais que notre dirigeant soit Trudeau »), qui a réaffirmé samedi son engagement en faveur de l’accueil des réfugiés.

Après la Marche des femmes la semaine précédente, Washington vivait sa deuxième semaine de manifestations depuis l’investiture de Donald Trump le 20 janvier.

Environ 200 manifestants se sont rassemblés en outre à l’aéroport de Washington Dulles International, près de la capitale.

Un nombre similaire de manifestants étaient réunis à l’aéroport de New York JFK International, où des familles attendaient encore l’arrivée de leurs proches, bloqués dans la zone de transit, et plusieurs centaines d’autres devant celui de Los Angeles ainsi qu’environ 10 000 personnes dans le centre de Boston.

Dimanche, Donald Trump a défendu sa décision, expliquant que les États-Unis se mettraient à émettre à nouveau des visas pour tous les pays une fois mises en place des politiques de sécurité du territoire américain dans les 90 prochains jours.

« Pour être clair, il ne s’agit pas d’une interdiction contre les musulmans comme la presse l’a rapporté d’une manière fausse », a déclaré Trump. « Cela n’a rien à voir avec la religion, cela concerne le terrorisme et la protection de notre pays ».

Merkel déplore

Angela Merkel « regrette » le décret de Donald Trump interdisant provisoirement aux ressortissants de sept pays musulmans de se rendre aux États-Unis et son gouvernement examine les conséquences pour les Allemands ayant également la nationalité d’un des États, a annoncé dimanche son porte-parole.

La chancelière allemande l’a fait savoir samedi au président des États-Unis lors d’un entretien téléphonique, a ajouté Steffen Seibert.

Angela Merkel « est convaincue que même la bataille décisive et nécessaire contre le terrorisme ne justifie pas une suspicion générale à l’égard de gens ayant certains antécédents ou certaines convictions religieuses », a-t-il par ailleurs déclaré à Der Spiegel.

Le porte-parole a ajouté que le gouvernement d’Angela Merkel allait examiner les conséquences de cette décision pour les ressortissants allemands disposant d’une double nationalité et qu’il pourrait « représenter leurs intérérêts, si nécessaire, face » aux autorités américaines.

Les ministres allemand et néerlandais des Affaires étrangères ont diffusé dimanche un communiqué commun dans lequel ils appellent les autorités américaines à déterminer les conséquences du décret présidentiel pour leurs binationaux.

« Nous sommes déterminés à protéger les droits de nos citoyens et nous prendrons des initiatives rapidement avec l’Union européenne sur les mesures désormais nécessaires », ont dit Sigmar Gabriel et son homologue néerlandais Bert Koenders.

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