L’Europe est maîtresse de son destin, rétorque Merkel à Trump

0

Pieuvre.ca

L’Europe a son destin en main, a déclaré lundi la chancelière allemande Angela Merkel en réponse à des propos du président élu américain Donald Trump, qui a notamment prédit que des pays européens suivraient l’exemple du Brexit.

« Je pense que nous, Européens, avons notre destin entre nos propres mains », a dit Angela Merkel lors d’une conférence de presse avec le premier ministre néo-zélandais, Bill English.

La chancelière n’a pas voulu commenter plus avant une interview donnée par Donald Trump au Bild allemand et au Times britannique dans laquelle il qualifie l’Otan d' »obsolète » et juge que la politique d’accueil des migrants en Allemagne a été une « erreur catastrophique ».

« Personnellement, j’attends l’investiture du président américain. Ensuite, nous travaillerons évidemment avec lui à tous les niveaux », a souligné Angela Merkel.

John Kerry, lui, n’a pas hésité lundi à désapprouver les propos de Donald Trump sur la politique migratoire de la chancelière allemande. À rebours du président élu, le secrétaire d’État américain a jugé « extrêmement courageuse » la politique d’accueil des migrants et des réfugiés sur le sol allemand mise en oeuvre par Angela Merkel.

Quant à François Hollande, il a répliqué lui aussi aux critiques de Donald Trump sur l’Europe, déclarant que l’Union n’avait pas besoin de conseils extérieurs pour savoir ce qu’elle avait à faire. « L’Europe sera toujours prête à poursuivre la coopération transatlantique mais elle se déterminera en fonction de ses intérêts et ses valeurs », a-t-il dit.

De sources gouvernementales allemandes, on déclare que la chancelière Merkel cherche à fixer une date pour une rencontre avec Donald Trump au printemps. Elle a proposé de le rencontrer aux Etats-Unis en sa qualité de présidente du G20, précise-t-on.

Le porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères, Martin Schäfer, a estimé qu’il était difficile pour l’instant d’avoir une idée claire de la politique du prochain président américain, qui a multiplié dans les interviews et sur son compte Twitter les déclarations contradictoires.

Bruxelles inquiète

« Nous verrons quelle sera vraiment sa politique après l’investiture vendredi », a-t-il dit. Dans son interview au Bild et au Times, le magnat de l’immobilier juge l’OTAN « obsolète » car elle n’a pas servi de protection contre les attentats terroristes, mais il ajoute que l’Alliance atlantique est très importante à ses yeux.

Ces propos inquiètent dans les capitales européennes, a assuré le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier. « Je me suis entretenu aujourd’hui avec des ministres des Affaires étarngères de l’UE et de pays de l’Otan et je puis vous dire que les signaux reçus montrent que les tensions persistent », a-t-il déclaré à la presse.

Les propos de Donald Trump semblent en outre contredire les points de vue exprimés par le secrétaire d’État désigné, Rex Tillerson, ou le futur chef du Pentagone, James Mattis, la semaine dernière durant leurs audiences de confirmation, a noté le coordinateur allemand pour les relations transatlantiques, Jürgen Hardt.

D’importantes figures du Congrès, a-t-il ajouté, comme le président de la commission des Forces armées du Sénat, John McCain, lui avaient assuré il y a quelques semaines que Washington resterait un partenaire fiable de l’Union européenne.

« Le Sénat et la Chambre ne permettront pas l’abandon du rôle des États-Unis au sein de l’OTAN », veut croire Jürgen Hardt, même s’il estime qui l’Europe doit faire davantage pour assurer sa propre défense.

Partagez

À propos du journaliste

Pieuvre.ca

Répondre