Fable et la chasse aux trolls

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Pieuvre.ca

Un dirigeant de l’industrie du jeu vidéo a révélé de quelle façon il a aidé à retrouver un « troll » qui menaçait de couler les secrets de son entreprise.

En entrevue à la BBC, Sam van Tilburgh a expliqué que son équipe avait réussi à identifier l’adolescent en question et obtenir une partie de ses travaux scolaires, qui ont ensuite été publiés en ligne pour servir de mise en garde. La compagnie a ensuite lancé un nouvel avertissement en menaçant d’avertir la famille du jeune homme.

Plus d’une décennie après les faits, les informations dérobées par le troll sont encore sous le sceau du secret.

M. Van Tilburgh a révélé l’existence de cette affaire lors d’un événement organisé mardi soir par la British Academy of Film and Television Arts. D’autres membres du groupe de discussion ont été surpris en apprenant les tactiques inhabituelles employées par Lionhead Studios, qui a agi de la sorte avant que le développeur ne soit vendu à Microsoft.

Les faits se sont déroulés en 2003, alors que le studio travaillait sur le jeu Fable, qui allait devenir son plus grand succès. « Il y avait ce petit groupe appelé Kibitz », a ainsi déclaré M. Van Tilburgh. « Ils ont réussi à mettre la main sur des captures d’écran. L’une de ces captures montrait le héros de Fable alors qu’il poignardait un enfant dans la tête. L’image ne devait jamais voir le jour pour des raisons évidentes. Mais ils ont réussi à s’emparer sur d’autres contenus qui, même aujourd’hui, n’ont pas encore été publicisés. Et ils nous ont menacés de mettre le tout en ligne. »

 

En tentant de régler la crise, les gestionnaires de communauté de l’entreprise disposaient d’un élément crucial en leur faveur. Les images avaient été publiées sur les propres forums de Lionhead, ce qui a donné aux employés un accès à l’adresse IP de la personne les ayant mises en ligne. Ces adresses peuvent aisément être associées à une localisation physique à l’aide d’une série d’outils en ligne, en prenant pour acquis que les utilisateurs n’ont pas posé des gestes pour masquer leur identité.

Dans ce cas-ci, le coupable, un adolescent de 16 ans, n’avait pas pris cette peine. « Nous savions où vivait cette personne et nous avons réussi à obtenir son dossier scolaire via un ami, y compris le poème qu’il avait récité à la fin de l’année », a précisé M. Van Tilburgh. « Nous avons écrit un message public adressé à Kibitz, en tant que Lionhead Studios, où nous avons entamé la discussion avec les premières lignes du poème, et nous avons inclus un repère géographique pour que la personne sache que nous connaissions son adresse. »

« J’ai alors déclaré « Vous devez cesser ces enfantillages, sinon je transmettrai le tout à votre mère ». »

Ce geste aurait pu se retourner contre le studio et a entraîné un scandale pour l’entreprise dans les mois précédant la sortie de Fable. M. Van Tilburgh a reconnu que l’équipe juridique du studio n’a été informée de cette affaire que tardivement. Mais selon lui, le risque valait la chandelle. « Il s’est tenu coi et a été très poli par la suite. Je l’ai rencontré à plusieurs reprises lors d’événements subséquents. »

 

 

 

 

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