En Finlande, un (très) rare débat sur la liberté de presse

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Pieuvre.ca

Deux journalistes de la radio publique finlandaise Yleisradio (YLE) ont démissionné mercredi, et parlent de censure après avoir été priés de réduire le nombre de reportages ou d’informations critiques envers la classe politique en général et le premier ministre, Juha Sipila, en particulier.

Pareil événement est rarissime en Finlande, pays considéré comme le plus respectueux de la liberté de la presse dans le monde par l’organisation Reporters sans Frontières.

Les deux journalistes, Jussi Eronen et Salia Vuorikoski, avancent à l’appui de leur décision des divergences d’opinion quant à la liberté d’expression et l’indépendance de la presse.

« Nous avons été invités, mon équipe et moi-même, à réduire le nombre de reportages consacrés à des abus ou à des comportements délictueux, je ne peux l’accepter », écrit Jussi Eronen sur sa page Facebook. « La ligne rédactionnelle est excessivement prudente quand il s’agit de la classe politique, en particulier du premier ministre », ajoute-t-il.

Le directeur de la rédaction de YLE, Atte Jaaskelainen, a reconnu avoir refusé récemment de diffuser des reportages portant sur le rôle du Premier ministre dans un marché d’État attribué à une entreprise d’ingénierie appartenant à des proches du chef du gouvernement.

Mais il refuse de parler de censure. « Il semble qu’il (Eronen) n’adhère pas aux principes journalistiques et aux valeurs en vigueur à YLE (…) Le journalisme d’investigation doit reposer sur des faits », a-t-il dit.

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