En Russie, les dépistages sportifs ne fonctionnent pas

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Pieuvre.ca

Le système de dépistage imposé à la Russie dans la foulée de révélations à propos d’un problème majeur de dopage est inefficace et le pays doit faire partie du processus visant à combattre le problème, estime le président sortant du Comité olympique russe (COR).

Alexandre Zhukov a déclaré mercredi que bien que le dopage sportif soit un problème en Russie, il est faux de prétendre à l’existence d’un système généralisé soutenu par l’État, chose que l’Agence mondiale antidopage dit avoir découverte dans le pays.

« Il n’existe aucun programme de dopage sportif soutenu par l’État en Russie, et un programme du genre n’a jamais existé », a déclaré M. Zhukov devant le Comité international olympique à Lausanne, en Suisse.

Les rapports commandés par l’agence, y compris celui de l’avocat canadien Richard McLaren, ont révélé l’existence d’un système de dopage étatique généralisé dans le sport russe. L’agence antidopage a également allégué que des scientifiques russes chargés des tests avaient aidé les athlètes russes lors des Jeux de Sotchi, en 2014, en échangeant des échantillons contaminés par des substances interdites pour des échantillons propres, avec l’aide des services secrets, histoire de donner un avantage aux sportifs russes.

Il en est résulté une interdiction de participation à tous les athlètes russes participant aux épreuves d’athlétisme, sauf un, lors des Jeux de Rio, en août dernier, et des appels généralisés à une interdiction imposée à tous les athlètes, jusqu’à ce que la Russie puisse prouver qu’elle disposait d’un système de dépistage efficace.

Selon Zhukov, la Russie a besoin d’être plus présente au sein de l’Agence mondiale antidopage, et que l’organisation antidopage russe, suspendue après les révélations, doit être de nouveau en charge du processus.

L’agence antidopage a réclamé une interdiction imposée à l’ensemble de l’équipe olympique russe à Rio, mais le CIO a permis à plus de 270 Russes de participer aux Jeux. L’agence antidopage russe étant suspendue, des dépisteurs étrangers ont eut comme tâche de récolter les échantillons et d’effectuer le dépistage dans le pays.

Au dire de M. Zhukov, cette façon de faire est contre-productive, le nombre limité d’experts étrangers ne suffisant pas à traiter suffisamment d’échantillons. « Comment l’AMA prévoit-elle régler cette question lorsqu’en ce moment, l’Agence britannique antidopage, qui dispose de tous les pouvoirs, peut à peine s’occuper de 6000 échantillons, et encore moins d’un nombre plus importants qui est nécessaire pour nous? »

La Russie et l’AMA sont à couteaux tirés depuis le début du scandale, cette dernière blâmant des pirates informatiques russes pour la fuite de détails concernant les exemptions accordées à des fins thérapeutiques, qui permettent à des athlètes souffrant de divers problèmes médicaux de consommer des substances habituellement interdites.

Les détails médicaux liés à plusieurs athlètes très connus, comme les champions cyclistes Chris Froome et Bradley Wiggins, et les joueurs de tennis Serena Williams et Rafael Nadal, ont été coulés en septembre.

Pour M. Zhukov, les règles concernant les exemptions médicales devraient changer, puisque trop de sportifs réclament de s’en prévaloir. « C’est absurde de constater que des athlètes souffrant parfois de maladies chroniques deviennent des champions olympiques et des médaillés en prenant des substances interdites aux autres sportifs. Cela se produit de plus en plus fréquemment et est en passe de devenir monnaie courante. Bientôt, des sportifs en santé participant à des compétitions deviendront l’exception. Devrions-nous vraiment accepter cela? »

M. Zhukov quitte son poste au sein du Comité olympique russe pour se concentrer sur son autre emploi, celui de premier vice-président de la Chambre basse du Parlement russe.

 

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