Bruxelles appelle la Turquie à renouer le dialogue

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L’Union européenne a fermement appelé mardi le pouvoir turc à renouer le dialogue avec l’opposition et à sauvegarder la démocratie, qualifiant d' »extrêmement préoccupants » les derniers événements survenus dans le pays.

Cet appel lancé par Federica Mogherini, Haute Représentante de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, intervient à la veille d’un rapport annuel d’évaluation sur les progrès des négociations sur une adhésion de la Turquie à l’UE.

« L’UE et les États membres (…) appellent la Turquie à protéger sa démocratie parlementaire, notamment le respect des droits de l’homme, l’état de droit, les libertés fondamentales et le droit de tous à un procès équitable, conformément aussi à ses engagements en tant que pays candidat (à l’UE) », a déclaré la porte-parole de la diplomatie européenne.

« À cet égard, l’UE et les Etats membres vont continuer de suivre et d’évaluer de très près la situation et se tiennent prêts à poursuivre un dialogue politique avec la Turquie à tous les niveaux, au sein du cadre établi », a-t-elle ajouté.

Dans son communiqué, Federica Mogherini dit comprendre la nécessité pour Ankara de réprimer le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) en tant qu’organisation terroriste mais dénonce l’arrestation des dirigeants du parti prokurde HDP qui « polarise » la société turque.

« Le retour à un processus politique crédible et à un dialogue politique authentique est essentiel pour la démocratie dans le pays et pour la stabilité de la région », estime-t-elle.

Visas

L’UE entretient depuis des mois des relations difficiles avec la Turquie, partenaire pourtant incontournable avec laquelle elle a signé en mars dernier un accord pour freiner l’arrivée de migrants et réfugiés sur son territoire. En échange, Bruxelles s’est engagé à relancer les négociations d’adhésion et à assouplir le régime des visas pour les Turcs dans l’UE.

Le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Jean Asselborn, a condamné lundi les vastes purges effectuées par les autorités turques depuis le coup d’État manqué du 15 juillet, les comparant aux méthodes employées par les nazis. Il a laissé entendre que l’UE pourrait imposer des sanctions à Ankara mais la perspective d’une telle confrontation est jugée très peu probable par les diplomates, en premier lieu parce que l’Allemagne, qui a tout intérêt à préserver l’accord sur les migrants, est opposée à cette idée.

La libéralisation des visas, en discussion depuis des années, est pour l’heure suspendue par des désaccords entre l’UE et Ankara sur le respect d’une série de conditions préalables. Bruxelles réclame une modification de la législation antiterroriste, que refuse la Turquie.

Dans un discours à Bruges, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a renvoyé la responsabilité du blocage aux autorités turques.

« Tout ce que les autorités turques font aujourd’hui m’incite à penser que finalement, la Turquie n’a pas l’intention de respecter les critères européens », a-t-il dit. « Nous avons besoin de la Turquie (…) mais nous ne pouvons pas renoncer à nos grands principes. »

Alors que se profilent en 2017 des échéances électorales importantes en France, en Allemagne et aux Pays-Bas, où les partis anti-immigrés pèsent dans la balance et s’opposent à l’abrogation des visas pour les Turcs, les diplomates européens reconnaissent cependant que l’UE n’est pas pressée d’obliger la Turquie à respecter tous ses engagements.

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