Des défenses cybernétiques en vue du 8 novembre, mais pas plus de policiers

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Les autorités fédérales et étatiques américaines renforcent actuellement leurs défenses numériques contre de possibles attaques informatiques contre les systèmes électoraux en prévision des élections du 8 novembre, mais adoptent peu de nouvelles mesures pour se protéger contre des manifestations physiques de violence.

Les risques de piratage informatique et de gestes violents assombrissent une course présidentielle déjà tourmentée entre la démocrate Hillary Clinton et le républicain Donald Trump, dans la foulée de craintes que la Russie ou d’autres acteurs politiques puissent répandre des fausses informations en ligne, voire même modifier les résultats électoraux.

Pour contrer la menace numérique, 48 des 50 États américains ont accepté de l’aide de la part du département de la Sécurité nationale pour examiner les systèmes d’enregistrement des électeurs et de vote pour tenter d’y débusquer des failles, a confié à Reuters un responsable du département.

L’Ohio a ainsi réclamé une unité de protection cybernétique de la Garde nationale, afin de l’aider à protéger les systèmes de l’État.

Jeudi, la secrétaire d’État de l’Arizona Michele Reagan et son équipe de cybersécurité ont rencontré des responsables du FBI et de la Sécurité nationale, en plus de représentants d’agences étatiques, pour discuter de menaces numériques, a indiqué Matt Roberts, un porte-parole de Mme Reagan.

Aux dires d’experts en cybersécurité et de responsables américains, les probabilités qu’un piratage puisse affecter le résultat des élections sont faibles, entre autres parce que les machines recueillant les votes électroniques ne sont habituellement pas connectées à internet. Mais le FBI a envoyé une alerte aux États, en août, après avoir détecté une faille dans les bases de données des électeurs inscrits de l’Arizona et de l’Illinois.

Groupes armés

Des responsables de services de renseignement ont confié jeudi à NBC News qu’il n’y avait pas de mise en garde spécifique à propos d’une attaque commise le jour du scrutin, mais que les agences s’inquiétaient malgré tout du fait que des pirates russes ou venant d’ailleurs puissent tenter de faire dérailler le processus, probablement en répandant de fausses informations en manipulant des médias sociaux comme Facebook et Twitter.

 

Des experts en cybersécurité de la Sécurité nationale devaient organiser une rencontre d’information, vendredi, pour discuter des démarches de l’agence auprès des États afin de renforcer la sécurité de leurs systèmes électoraux.

Les risques de violences aux alentours de l’élection ont pris de l’ampleur depuis des mois. Des groupes armés de partout aux États-Unis se sont engagés à surveiller les bureaux de vote pour y détecter d’éventuelles fraudes électorales.

Les cas d’intimidation d’électeurs rapportés jusqu’à maintenant dans divers bureaux de vote ont poussé les démocrates à accuser lundi Trump de mener une « campagne d’intimidation des électeurs » dans quatre États.

Mais les autorités locales interrogées jeudi par Reuters dans cinq États – Ohio, Pennsylvanie, Arizona, Wisconsin et Floride – ont indiqué qu’elles ne déploieraient pas davantage de policiers et d’agents de sécurité qu’en 2012.

« Peu d’action »

Le FBI, qui désigne un agent spécial de chacun de ses 56 bureaux sur le terrain afin d’enquêter sur des crimes électoraux, n’a pas renforcé le nombre d’employés recevant de la formation supplémentaire cette année, a mentionné une porte-parole de la police fédérale américaine.

Il n’y a pas eu de « changement substantiel » dans le nombre d’agents déployés par le reste du département de la Justice, selon un autre porte-parole.

Jim Pasco, directeur exécutif de la Fraternité des policiers, qui représente des centaines de milliers d’agents américains, précise que les autorités adoptent les mêmes mesures de sécurité que pour n’importe quel événement d’importance. Il a aussi dit s’attendre à ce que les promesses des milices en reviennent à être « surtout du vent ».

Pour des groupes de défense des droits de la personne, déployer plus de policiers pourrait en fait intimider les électeurs. « La présence des autorités peut avoir un effet délétère sur l’électorat », souligne Kristen Clarke, présidente du Lawyer’s Committee for Civil Rights Under Law. « C’est quelque chose que nous voulons décourager. »

 

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