Des « erreurs grossières » commises à Guantanamo

0

Pieuvre.ca

Huit Afghans ont été détenus pendant des années sur la base militaire de Guantanamo alors que les éléments qui pesaient sur eux étaient fragiles, imaginaires ou provenaient de rumeurs, estime un rapport publié jeudi par l’Afghanistan Analysts Network (AAN)

L’AAN, une organisation à but non-lucratif, a examiné le cas des huit hommes, qui comptent parmi les détenus afghans restés le plus longtemps à Guantanamo. Tous y sont encore ou ont récemment été transférés aux Emirats arabes unis.

Selon l’AAN, l’armée américaine n’a pas été en mesure d’étayer la moindre des accusations portées contre eux. Ces cas mettent en lumière les dangers de la détention arbitraire, une pratique susceptible d’aboutir à des erreurs judiciaires, dit l’AAN dans son rapport intitulé « Kafka à Cuba ». « Examiner le régime de détention américain à travers le prisme de la leçon afghane de Guantanamo soulève des questions sur l’efficacité du renseignement et de la justice américains », dit le rapport.

Parmi les huit détenus en questions, figurent un vendeur de fleurs en plastique, un concierge et un épicier, accusés d’appartenir à Al Qaïda, d’être un financier des taliban ou encore d’appartenir à une cellule d’artificiers d’Al Qaïda.

Le rapport souligne qu’aucun des huit hommes n’a été capturé sur le champ de bataille. Six ont été livrés à l’armée américaine par les armées pakistanaise ou afghane et deux ont été arrêtés sur la base de renseignements obtenus auprès d’indicateurs.

Les documents de l’accusations reposaient sur « des rumeurs, des preuves secrètes, des traductions erronées, des erreurs factuelles grossières et des témoignages obtenus sous la contrainte et la torture ».

En plus d’avoir commis de nombreuses erreurs géographiques, l’armée américaine a confondu des groupes armés qui avaient déposé les armes depuis longtemps ou qui n’avaient même jamais appartenu à la mouvance djihadiste, dit encore le rapport. Les enquêteurs n’ont de surcroît jamais réussi à purger les dossiers des erreurs factuelles concernant les détenus tandis que les juridictions « ont lamentablement échoué à invoquer la responsabilité du pouvoir exécutif ».

Le président Barack Obama, qui s’est engagé à fermer le centre de détention de Guantanamo avant la fin de son mandat, s’efforce de le vider en transférant les détenus qui ne sont pas considérés comme une menace, mais faute d’accord du Congrès, il semble peu probable qu’il puisse honorer sa promesse.

Les partisans du maintien du centre de détention expliquent qu’il a permis d’isoler certains des combattants les plus dangereux et qu’il reste un instrument efficace pour combattre le terrorisme.

Ses adversaires jugent de leur coté que la prison de Guantanamo va à l’encontre des valeurs du pays et qu’elle alimente la propagande des groupes terroristes.

Partagez

À propos du journaliste

Pieuvre.ca

Répondre