La ville du carnaval sous la férule d’un évêque évangélique

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Un évêque évangélique a été élu maire de Rio de Janeiro dimanche à l’issue du second tour des élections municipales au Brésil qui a confirmé la déroute du Parti des travailleurs (PT) et de ses alliés qui dominent la vie politique brésilienne depuis plus d’une décennie.

Marcello Crivella, 59 ans, sénateur conservateur controversé, évêque et neveu du fondateur d’une église évangélique, l’a emporté face à un ancien enseignant avec une avance de près de 20 points. Il prend la tête de la deuxième ville du pays.

Marcello Crivella s’était attiré par le passé des critiques pour ses prises de position sur l’homosexualité et sur l’Église catholique, première religion au Brésil, mais il a su prendre des distances avec ses propos et a promis de gouverner la ville sans se laisser influencer par la confession qu’il soutient.

Ce succès, obtenu grâce à l’influence croissante des fidèles évangéliques, confirme le virage à droite de l’opinion publique après 13 années de pouvoir du PT qui a profité d’une forte croissance économique avant que le pays tombe en récession et que le pouvoir soit rattrapé par des affaires de corruption. Ces élections ont été marquées par l’élimination de plusieurs maires sortants, confirmant la volonté des électeurs de modifier une situation politique dominée par la gauche.

Le maire de Rio, Eduardo Paes, qui briguait un troisième mandat au nom du PT, a été battu dès le premier tour organisé quelques semaines après la destitution de la présidente Dilma Rousseff pour irrégularités fiscales.

À Sao Paulo, première ville du pays et fief du PT, le maire sortant Fernando Haddad, présenté comme une étoile montante de la gauche, a lui aussi été remercié par les électeurs.

Les élections de dimanche risquent d’influencer la nouvelle géographie politique brésilienne avant la présidentielle prévue en 2018.

Dans cette recomposition, le scrutin de Rio fait figure de symbole. Crivella appartient au Parti républicain brésilien, formation conservatrice créée récemment. Son adversaire malheureux du second tour, Marcelo Freixo, était lui le candidat du Parti du socialisme et de la liberté, branche dissidente du Parti des travailleurs qui entend concentrer son action sur les droits de l’homme, la santé et les questions sociales.

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