Lutte antidrogue: un maire est abattu aux Philippines

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Pieuvre.ca

La police philippine a annoncé vendredi avoir abattu le maire d’une ville de l’île de Mindanao soupçonné de se livrer au trafic de drogue ainsi que neuf de ses gardes du corps.

Samsudin Dimaukom, maire de la ville majoritairement musulmane de Datu Saudi Ampatuanqui, figurait sur la liste noire dressée par le président philippin Rodrigo Duterte dans le cadre de la lutte antidrogue meurtrière qu’il a lancée depuis qu’il a pris ses fonctions le 30 juin. Il a été tué après que ses gardes du corps ont ouvert le feu sur les policiers à un contrôle routier peu avant l’aube, selon la police.

« C’était une opération de police légitime », a déclaré Bernard Tayong, un officier de la police de Mindanao, la province natale de Rodrigo Duterte.

« Nous avions reçu des informations selon lesquelles le maire et ses hommes transportaient de la drogue donc nous avons tenté de les intercepter mais ils ont répondu en ouvrant le feu », a-t-il dit à la presse.

Aucun policier n’a été blessé mais un véhicule des forces de l’ordre a été criblé de balles, a-t-il ajouté, précisant que les dix hommes ont succombé à leurs blessures pendant leur transfert à l’hôpital.

La police philippine a récemment décidé de réorienter la lutte antidrogue, qui a déjà fait plus de 2300 morts, en ciblant plus particulièrement les responsables politiques, militaires et autres personnalités mêlées au trafic. Cette nouvelle politique est supposée faire la part belle aux arrestations.

Finis les jurons

Le président philippin a par ailleurs promis de ne plus dire de gros mots, en expliquant que Dieu lui avait parlé pendant son voyage de retour du Japon cette semaine et l’avait prévenu que son avion s’écraserait s’il continuait à jurer.

Rodrigo Duterte, qui multiplie depuis sa prise de fonctions en juin les insultes visant des personnalités comme Barack Obama ou le pape François, a dit avoir entendu une voix pendant que son avion survolait les Philippines et avoir réalisé que Dieu lui parlait.

« Je regardais le ciel en arrivant ici (…) Tout le monde dormait, ronflait, mais une voix m’a dit: ‘tu sais, si tu n’arrêtes pas de jurer, je vais faire s’écraser cet avion' », a raconté le chef de l’État jeudi soir pendant une conférence de presse dans sa ville natale de Davao.

« Je me suis dit, qui est-ce? Mais bien sûr, c’est Dieu. OK. J’ai donc promis à Dieu de ne plus parler de manière familière, de dire de mots vulgaires et toutes ces choses », a-t-il conclu. Duterte, qui a déjà dit qu’il devait son élection à Dieu, n’avait pas encore pris ces bonnes résolutions pendant son voyage officiel au Japon, où il a une nouvelle fois pourfendu avec un langage fleuri les détracteurs de sa politique de lutte antidrogue meurtrière.

Le président philippin s’était auparavant illustré en disant à Barack Obama « d’aller au diable » et en le traitant de « fils de pute », un qualificatif qu’il a également utilisé à propos du pape François.

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a lui eu droit à celui de « démon » tandis que l’Union européenne a été invitée à deux reprises à « aller se faire foutre », geste explicite du doigt à l’appui.

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