Des asticots à la rescousse contre les superbactéries

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Des asticots pourraient aider à combattre la future crise des bactéries super résistantes, selon des chercheurs de l’Université de Swansea, qui ont découvert que certaines molécules sécrétées par les vers de la mouche verte étaient particulièrement efficaces pour tuer certaines espèces de bactéries.

Selon ce qu’écrit Reuters, la capacité de nettoyage des blessures exhibée par ces insectes est utilisée depuis belle lurette par des médecins en temps de guerre, particulièrement lorsque vient le temps de nettoyer de la chair infectée ou morte. Mais ce sont les petites sécrétions de ces vers qui pourraient être essentielles à la création de nouveaux médicaments et traitements pour aider à combattre les « superinfections », comme Staphylococcus aureus, qui résistent à la méticilline.

« Nous savons, en nous appuyant sur des anecdotes et de précédentes études, que les asticots aident à tuer les infections dans les blessures », explique la Dre Yamni Nigam, scientifique en chef du groupe de recherche de Swansea sur les vers.

« Nous avons décidé de nous intéresser aux excrétions et aux sécrétions des asticots; nous avons recueilli ces dernières et les avons examinées dans la perspective de diverses activités, y compris la lutte antibactérienne, pour tenter de déterminer quelles espèces de bactéries pouvaient être tuées. À notre grande surprise, nous avons constaté que nous avions une excellente activité antibactérienne pour certains échantillons de sécrétions. »

Dans les laboratoires de l’Université Swansea, Mme Nigam utilise des larves d’asticots de la mouche verte. Pour collecter les sécrétions, plusieurs centaines d’asticots sont placés dans un contenant rempli d’eau stérile. Lorsque les insectes sont retirés du contenant, le lendemain, le volume total du liquide est plus important que ce qui avait d’abord été ajouté. Selon la docteure, cette mixture à l’odeur repoussante contient les molécules tant recherchées.

« Notre objectif, en ce moment, est d’extraire les sécrétions, tenter d’isoler les molécules et identifier exactement ce qui les composent », dit-elle. « Une fois que nous connaîtrons la structure, nous envisageons de synthétiser artificiellement la molécule et ensuite la tester contre des bactéries résistantes aux antibiotiques qui peuvent déjà être tuées par des sécrétions d’autres asticots. Nous espérons donc trouver un nouvel antibiotique à partir des sécrétions des vers. »

La chercheuse a précisé que la molécule en question avait été enregistrée sous le nom de Sératicine.

De précédents essais cliniques ont porté sur l’efficacité des asticots pour le nettoyage et la guérison des blessures infectées. En 2009, une équipe de l’Université de York a recruté 267 patients souffrant d’ulcères aux jambes et les a traités avec des asticots ou de l’hydrogel, un produit déjà largement utilisé pour nettoyer de telles blessures. Les scientifiques ont découvert un important avantage dans l’utilisation des asticots pour soigner des blessures et faire disparaître les tissus nécrosés, mais n’ont pas pu établir de différence significative en termes de résultats finaux ou de coûts.

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